Un conflit persiste autour du projet d’eau de Giyani en Limpopo, où d’anciens travailleurs accusent l’entreprise publique de leur devoir sept mois de salaires impayés. Lepelle Northern Water dément catégoriquement ces allégations, plongeant le chantier dans une impasse administrative et sociale.
Un projet stratégique en retard et des revendications salariales
Le projet d’approvisionnement en eau de Giyani, lancé en 2010 et initialement prévu pour 2014, vise à desservir 55 villages une fois achevé. Cependant, son retard chronique – près de dix ans après la date butoir initiale – a exacerbé les tensions avec les travailleurs ayant participé aux perturbations. Ces derniers, dont les contrats ont pris fin en juin, réclament sept mois de salaires non versés, une situation qui menace la stabilité du chantier et la crédibilité de l’entreprise publique.
La direction de Lepelle Northern Water, interrogée sur ces revendications, affirme ne détenir aucun enregistrement d’arriérés de paiement envers ses prestataires ou anciens employés. Selon son porte-parole, Joe Makhafola, des voies de recours existent pour régler d’éventuels litiges, mais aucune réclamation officielle n’a été enregistrée à ce jour. Le contrat, qui s’élève à plusieurs milliards de rands, reste ainsi suspendu à la résolution de ce différend, alors que les besoins en eau des communautés locales s’intensifient.
Enjeux économiques et sociaux en balance
Au-delà des tensions immédiates, ce conflit illustre les défis structurels des grands projets d’infrastructure en Afrique du Sud, où retards et surcoûts sont fréquents. Le projet de Giyani, emblématique des promesses non tenues en matière d’accès à l’eau, cristallise les frustrations des travailleurs et des populations locales. Une résolution rapide s’impose pour éviter une escalade des perturbations, alors que le pays fait face à une crise hydrique persistante.
Pour les autorités, l’enjeu est double : apaiser les revendications salariales tout en garantissant la finalisation d’un chantier vital pour des milliers de ménages. La transparence des processus de paiement et la réactivité des mécanismes de recours seront déterminantes pour rétablir la confiance et relancer les travaux.