Une lettre d’invitation officielle signée par le directeur exécutif par intérim de l’EOCO a été rendue publique, montrant que le député de Manhyia South, Nana Agyei Baffour Awuah, était convoqué pour une enquête. La tentative d’arrestation qui a suivi devant le palais de justice d’Accra a dégénéré, soulevant le débat sur les limites du privilège parlementaire face à la justice.
Invitation officielle de l’EOCO en février 2026
Le 27 février 2026, le bureau de l’Economic and Organized Crime Office (EOCO) a envoyé à Baffour Awuah, en sa qualité de Senior Partner du cabinet Sarkodie Baffour Awuah and Partners, une correspondance intitulée « Invitation Pursuant to Section 19 of Act 804/10 ». Signée par le directeur exécutif par intérim, Raymond Archer, la lettre rappelait une première invitation datée du 10 février, sollicitant la coopération du député dans le cadre d’une enquête en cours. Le texte précise que la convocation était légale et que l’EOCO attendait une réponse favorable.
Réaction parlementaire et désaccord de l’EOCO
Le 13 février, le député a répondu en indiquant qu’il avait transmis l’invitation confidentielle au greffier du Parlement pour avis. L’EOCO a rapidement contesté ce transfert, arguant que la lettre était adressée directement à un professionnel du droit et non à une autorité parlementaire. L’agence a déclaré ne pas reconnaître aucune correspondance émanant du greffier, affirmant l’absence de protocole ou de loi interdisant à Baffour Awuah d’honorer une convocation légale. Elle a également averti que le refus de se présenter pourrait entraîner des mesures coercitives pour assurer sa comparution.
Tentative d’arrestation devant le palais de justice d’Accra
Le mercredi suivant, des agents de l’EOCO ont tenté d’arrêter le député à la sortie du palais de justice d’Accra, alors que celui‑ci venait de quitter une audience. L’opération a rapidement dégénéré, les officiers estimant que poursuivre l’arrestation aurait pu mettre en danger la sécurité publique. Baffour Awuah s’est alors rendu au Parlement, qui était en période de repos, afin de solliciter un abri parlementaire. L’EOCO a rappelé qu’elle respectait les privilèges constitutionnels des parlementaires, mais a souligné que l’appartenance à l’Assemblée ne suspendait pas automatiquement une enquête ni n’excluait un individu du champ d’application de la loi.
Enjeux juridiques et politiques de l’affaire
Cette affaire met en lumière la tension entre les mécanismes de lutte contre la criminalité économique et les protections accordées aux membres du Parlement. Si l’EOCO insiste sur la légalité de son invitation et sur la possibilité de recourir à des mesures coercitives, le Parlement doit clarifier le cadre procédural applicable aux convocations d’élus. Le débat pourrait conduire à une révision des protocoles de coopération entre les institutions d’enquête et les organes législatifs, afin d’éviter de futurs affrontements qui risquent d’éroder la confiance du public dans les institutions ghanéennes.