La mission de médiation de l’Union africaine (UA) en Éthiopie n’a pas abouti à une avancée concrète entre le gouvernement fédéral et les autorités du Tigré, malgré la présence sur place de l’envoyé spécial Olusegun Obasanjo. Les rebelles tigréens, qui dénoncent une préparation militaire des deux camps, estiment que le statu quo persiste, tandis que les risques d’un nouveau conflit s’intensifient.
Une médiation sans résultat tangible
Le 24 août, Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’UA pour la Corne de l’Afrique, s’est rendu en Éthiopie dans l’espoir de relancer un dialogue entre Addis-Abeba et les autorités du Tigré. Pourtant, dès le lendemain, les dirigeants rebelles ont publiquement contesté l’efficacité de cette visite, affirmant qu’aucune avancée n’avait été enregistrée. Cette absence de progrès intervient dans un contexte où les deux parties maintiennent des troupes en position de combat près de la frontière régionale, alimentant les craintes d’une reprise des hostilités.
Des accusations croisées et une méfiance persistante
Les tensions entre le gouvernement fédéral et le Tigré restent vives, chacun accusant l’autre de vouloir déclencher un nouveau conflit. Les autorités tigréennes, qui avaient déjà été le théâtre d’un conflit dévastateur entre 2020 et 2022 – ayant causé des centaines de milliers de morts –, dénoncent une militarisation accrue de la part d’Addis-Abeba. De leur côté, les responsables fédéraux rejettent ces allégations et insistent sur la nécessité de préserver l’unité nationale. Cette défiance mutuelle complique toute tentative de réconciliation, malgré les appels internationaux à la désescalade.
Un équilibre précaire et des enjeux régionaux
La situation en Éthiopie dépasse les frontières du Tigré, avec des répercussions potentielles pour la stabilité de la Corne de l’Afrique. Une reprise des combats risquerait d’aggraver une crise humanitaire déjà critique, tout en perturbant les dynamiques géopolitiques régionales. Les observateurs soulignent que l’échec de cette médiation pourrait pousser les parties à privilégier une solution militaire, au détriment des voies diplomatiques. Dans ce contexte, le rôle de l’UA et des autres acteurs internationaux sera déterminant pour éviter une nouvelle escalade.