Le gouvernement fédéral nigérian a intensifié ses emprunts sur le marché intérieur, atteignant 24 700 milliards de nairas sur les huit premiers mois de 2026, soit une progression de 90,5 % par rapport à la même période en 2025. Cette stratégie de financement pèse lourdement sur les entreprises locales, qui peinent à accéder au crédit dans un contexte économique marqué par une inflation persistante et une monnaie affaiblie.
Une pression accrue sur le secteur privé
L'augmentation massive de la dette intérieure, passée de 12 980 milliards de nairas en 2025 à 24 700 milliards en 2026, réduit mécaniquement les liquidités disponibles pour le secteur privé. Malgré les réformes structurelles engagées par l'administration du président Bola Tinubu, visant à renforcer la stabilité macroéconomique, les acteurs économiques font face à un risque accru de paupérisation. La combinaison d'une inflation élevée, de la faiblesse du naira et de la précarité de l'emploi limite la capacité de croissance réelle, malgré les discours officiels soulignant une résilience accrue du cadre macroéconomique.
La dépendance financière des États fédérés
La fragilité économique ne se limite pas au niveau fédéral. En 2025, au moins 26 gouvernements d'États n'ont pas réussi à générer des revenus internes suffisants pour couvrir leurs propres dépenses de personnel. Cette incapacité à assurer l'autonomie financière maintient ces entités dans une dépendance étroite vis-à-vis des allocations issues du Compte de la Fédération, freinant ainsi les investissements locaux nécessaires au développement des services essentiels.
Régulation électorale et sécurité publique
Parallèlement aux enjeux économiques, le climat politique se tend à l'approche des élections générales de 2027. La Commission électorale nationale indépendante (INEC) a durci le ton, rappelant que l'usage de langages abusifs ou incendiaires lors des campagnes est désormais passible d'une amende de 10 millions de nairas et d'une peine d'emprisonnement d'un an, conformément à l'Electoral Act 2026. Sur le plan sécuritaire, les autorités tentent de reprendre la main face à la recrudescence des enlèvements et du banditisme en réactivant la Police Mobile Force (MOPOL), une unité spécialisée dont le rôle est renforcé pour stabiliser les zones les plus exposées aux menaces criminelles.