L'entrée du géant américain nVidia au capital de la plateforme Doctolib marque un tournant stratégique dans l'exploitation des données de santé par l'intelligence artificielle. Alors que 50 millions de dossiers patients sont concernés, cet investissement interroge sur la confidentialité des informations médicales et les moyens dont disposent les usagers pour garder le contrôle sur leur historique de soins.
Une accélération technologique au service des parcours de soins
La prise de participation majoritaire de nVidia dans Doctolib vise à renforcer les capacités de la plateforme en matière d'intelligence artificielle. L'objectif affiché est d'optimiser les parcours de santé en analysant finement les antécédents, les diagnostics, les prescriptions et l'imagerie médicale des utilisateurs. Ce partenariat technologique, qui s'appuie également sur des collaborations avec des institutions comme l'Inria, l'Inserm et l'Université Paris-Cité, permet à la plateforme de développer ses propres modèles prédictifs sans dépendre de solutions tierces comme OpenAI ou Anthropic.
Le cadre légal face aux nouvelles pratiques
Malgré ces évolutions, Doctolib reste soumis au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et au code de la santé, interdisant formellement la revente ou le commerce des données médicales à des tiers. Cependant, l'utilisation des informations pour la recherche et l'entraînement d'algorithmes pose un défi en termes de consentement. En juillet dernier, la plateforme a informé ses utilisateurs par courriel que l'absence de réponse à leur communication valait acceptation pour l'utilisation des dossiers, désormais pseudonymisés, dans le cadre de projets de recherche.
Comment reprendre la main sur ses paramètres
Les usagers qui souhaitent limiter l'exploitation de leurs informations personnelles disposent de leviers d'action concrets. Il est possible de s'opposer spécifiquement à l'utilisation des données pour les projets de recherche en remplissant un formulaire dédié accessible sur le site de la plateforme. Par ailleurs, la section des paramètres permet de restreindre davantage le partage d'informations. Les utilisateurs peuvent notamment désactiver les services personnalisés, effacer leur historique de rendez-vous, refuser l'enregistrement audio des consultations, désactiver la géolocalisation ou limiter le suivi via les cookies publicitaires.