L'enquête menée par le Bureau du procureur spécial (OSP) au Ghana sur l'affaire de corruption impliquant l'ancien banquier de Goldman Sachs et ex-directeur de la Tema Oil Refinery, Asante Kweku Berko, connaît un tournant décisif. L'intégration de preuves déjà validées par la justice américaine pourrait offrir une assise juridique solide aux investigations locales.
L'apport déterminant des preuves américaines
Selon l'avocat Martin Kpebu, le fait que les éléments de preuve aient déjà été examinés et validés par une cour américaine constitue un atout majeur pour les autorités ghanéennes. Ces preuves, ayant déjà satisfait aux exigences strictes de la norme pénale américaine — la preuve au-delà de tout doute raisonnable —, offrent une base probante robuste. Cette coopération internationale, impliquant le FBI et le département de la Justice des États-Unis, est perçue comme une garantie que l'affaire ne sera pas classée sans suite, les autorités américaines veillant à la cohérence des poursuites engagées après la condamnation de M. Berko aux États-Unis.
Cinq personnalités sous surveillance
Le procureur spécial Kissi Agyebeng a officiellement identifié cinq personnes d'intérêt dans le cadre de ce volet ghanéen. Cette liste comprend l'ancien ministre de l'Énergie, Kwabena Donkor, ainsi que plusieurs anciens collaborateurs du ministère, dont Francis Walkson Kwesi Gyata et Solomon Adjetey Sowah. Sont également visés Lindin George Nii Mettle, ancien directeur de Tricop Group Limited, et Baffour Ankomah Brobbey, employé de la même structure. Ces désignations marquent une accélération des investigations après une période de relative stagnation dénoncée par certains observateurs.
Le rôle de supervision du procureur général
L'avocat souligne que la conduite de ce dossier ne repose pas exclusivement sur l'OSP. En vertu de la jurisprudence de la Cour suprême, le procureur général conserve une autorité de supervision sur les activités du procureur spécial. Cette double implication est jugée essentielle pour garantir la rigueur de la procédure. La collaboration avec les autorités américaines, couplée à une éventuelle coopération de M. Berko lui-même, pourrait permettre d'établir avec précision le circuit des fonds versés et d'identifier les bénéficiaires finaux des pots-de-vin présumés. L'enjeu pour le système judiciaire ghanéen est désormais d'éviter toute disparité entre la condamnation prononcée outre-Atlantique et l'issue des poursuites locales.