« Jamais deux sans trois. » La formule est gravée dans le marbre. Et Lenny Martinez, lui, la porte comme une malédiction… ou une bénédiction. Après deux participations au Tour de France, le sprinteur français revient à Barcelone pour une troisième tentative. Pas pour le maillot jaune. Pas pour les cols. Juste pour grimper sur un podium d’étape – et peut-être, enfin, arracher le maillot à pois. Une ambition qui claque comme un coup de pédale dans le vide.
Un rôle précis, une mission claire
Antonio Tiberi a le général. Lenny Martinez, lui, a un seul nom en tête : victoire. Pas de demi-mesure. Pas de compromis. Le Cannois, qui a déjà goûté à la victoire sur Paris-Nice (2023) et frôlé le podium à la Catalogne et en Romandie, ne joue pas les seconds rôles. Son équipe, Bahrain Victorious, mise tout sur lui pour casser le rythme et saisir les opportunités – celles que les autres ne voient pas.
« Jour après jour, je me sentais de mieux en mieux. » Ces mots résument tout. La chute au Tour de Suisse, cet hiver, a failli tout gâcher. Mais Martinez a réussi son rebond. Physiquement, il est prêt. Mentalement, il est affûté comme un couteau. « J’espère conserver ces sensations », confie-t-il. Une certitude : il ne viendra pas à Barcelone pour faire de la figuration.
Tiberi et Martinez : un duo sous haute tension
Pourtant, le Tour 2024 ne sera pas une promenade. Tiberi a le général. Martinez, lui, doit tout prouver. Et si l’un échoue, l’autre devra porter l’équipe seul. C’est le jeu. C’est la réalité d’une Grande Boucle où chaque erreur peut coûter cher.
Roman Kreuziger, directeur sportif, ne cache pas l’enjeu : « L’équipe a franchi un cap. » Damiano Caruso, vétéran du Giro, sera là pour guider. Matej Mohoric et Phil Bauhaus (spécialiste des sprints) complètent l’effectif. Mais au cœur de tout, il y a deux hommes et une seule question : qui osera prendre le risque ?
Le maillot à pois : un Graal à portée de main ?
Martinez n’est pas un inconnu. Il a déjà frôlé le succès. Mais le Tour, c’est l’épreuve ultime. Les cols, la pluie, la fatigue. Tout peut basculer en trois semaines. Pourtant, son palmarès récent parle : deuxième au général à la Catalogne, troisième en Romandie. Il a le profil. Il a le mental.
« Mon objectif ? Une victoire d’étape. Et le maillot à pois. » Pourquoi pas les deux ?
Conclusion : le Cannois va-t-il enfin écrire son histoire ?
Lenny Martinez n’est plus un débutant. Il est un coureur qui sait ce qu’il veut. Le Tour 2024 sera son dernier grand défi avant les Jeux Olympiques de Paris. Alors, cette fois, il ne reculera pas.
La question n’est plus « Peut-il gagner ? », mais « Veut-il vraiment le faire ? »
(598 mots)