L'ENAM renoue avec l'excellence académique pour former les cadres de l'administration burkinabè

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 34 lectures
L'ENAM renoue avec l'excellence académique pour former les cadres de l'administration burkinabè

L'École nationale d'administration et de magistrature (ENAM) a officiellement lancé, ce 1er septembre 2026 à Ouagadougou, les soutenances de fin de formation pour les cycles A et P de la promotion 2024-2026. Cet événement marque une étape décisive dans la restructuration de l'appareil d'État, visant à former des agents publics tournés vers le service aux citoyens.

Une dynamique de réforme administrative

Après cinq années d'interruption, l'ENAM a rétabli les soutenances de fin de cycle en 2025, une pratique désormais pérennisée. Pour cette session, 446 impétrants sont soumis à l'évaluation de 1 458 membres de jury mobilisés pour l'occasion. Le directeur général de l'établissement, le Dr Jacob Yarabatioula, a précisé que le coût global de ce processus d'évaluation s'élève à plus de 82 millions de francs CFA. Cette rigueur académique s'inscrit dans la vision du ministre des serviteurs du peuple, Mathias Traoré, qui appelle à une rupture avec les pratiques de favoritisme et de corruption pour bâtir une administration publique conforme aux réalités et aux besoins nationaux.

Valorisation du patrimoine et identité nationale

La session a débuté par la soutenance de Sylvain Compaoré, conseiller en gestion du patrimoine culturel, dont les travaux portaient sur la « Contribution de la journée des coutumes et traditions à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine culturel immatériel ». Son étude, centrée sur la commune de Ouagadougou, souligne l'importance de structurer les pratiques traditionnelles pour éviter leur folklorisation. L'impétrant a notamment recommandé la création d'une cellule nationale des adeptes traditionnels afin de coordonner les actions et de préserver l'authenticité des rites face aux dérives festives.

Exigence éthique et rigueur académique

Le travail de Sylvain Compaoré a été salué par le jury, présidé par Bassolma Bazié, qui lui a attribué la note de 18/20. Le président du jury a souligné le courage intellectuel du candidat, pionnier sur une thématique souvent délaissée par crainte ou méconnaissance. Au-delà de la performance individuelle, le ministre Mathias Traoré a rappelé aux membres des jurys leur responsabilité dans le perfectionnement des futurs cadres de la nation. Il a insisté sur l'impartialité et l'éthique nécessaires pour garantir que ces soutenances ne soient pas de simples formalités, mais de véritables outils de transformation de la gouvernance publique au Burkina Faso.

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