L'ancien sénateur Shehu Sani a récemment alerté sur les répercussions politiques d'une éventuelle victoire d'Atiku Abubakar lors de l'élection présidentielle de 2027. Selon lui, un tel scénario mettrait un terme définitif à la pratique informelle de rotation du pouvoir entre le Nord et le Sud du Nigeria, un équilibre jugé essentiel pour la stabilité nationale.
Un équilibre politique menacé
Bien qu'il reconnaisse le droit constitutionnel d'Atiku Abubakar à se présenter, Shehu Sani insiste sur la nécessité de respecter une forme d'équité géographique. L'ancien parlementaire soutient que le Sud du pays devrait pouvoir exercer un mandat de huit ans, à l'instar de la période 2015-2023 durant laquelle le Nord a occupé la présidence sous Muhammadu Buhari. Pour Sani, ignorer cette dynamique pourrait engendrer des ressentiments profonds dans les régions méridionales et fragiliser la cohésion du pays.
La rotation comme gage de stabilité
Si la Constitution nigériane ne mentionne pas explicitement le principe de rotation, Shehu Sani estime que les partis politiques doivent privilégier la justice et l'équité pour garantir la paix sociale. Il suggère que les formations politiques devraient encourager des candidatures issues du Sud pour 2027, citant des personnalités comme Peter Obi ou le gouverneur Seyi Makinde. Selon cette vision, une transition apaisée permettrait au Nord de reprendre la direction du pays en 2031 sans rencontrer d'opposition majeure de la part du Sud.
Les risques d'une rupture du consensus
L'argument central de l'ancien sénateur repose sur la pérennité du système politique nigérian. Il soutient qu'une victoire d'Atiku Abubakar en 2027 marquerait la fin de cet arrangement tacite, rendant caduque toute prétention ultérieure à une alternance régionale basée sur le consensus. Pour Sani, la stratégie politique ne doit pas se limiter à la force électorale ou à la démographie, mais doit intégrer une vision à long terme où chaque zone géographique se sent représentée au sommet de l'État.
Une position assumée malgré les critiques
Face aux interrogations sur sa position, Shehu Sani a réaffirmé qu'il ne cherchait pas à interdire à quiconque de se porter candidat, mais qu'il exprimait une exigence de sagesse politique. Il maintient que le respect d'un cycle de huit ans pour le Sud est la condition sine qua non pour éviter une crise de légitimité et assurer une succession ordonnée à l'horizon 2031, où le Nord pourrait alors légitimement revendiquer le retour du pouvoir dans sa zone.