L'Égypte franchit une étape décisive dans sa stratégie numérique en annonçant la construction d'un centre de données dédié à l'intelligence artificielle, doté d'une capacité de 200 mégawatts. Ce projet d'envergure, évalué à un milliard de dollars, s'inscrit dans une compétition technologique mondiale où Le Caire cherche à s'imposer comme un hub régional majeur.
Une infrastructure portée par un consortium international
Le projet se déploiera par étapes, avec une phase initiale de trois ans prévoyant une installation de 20 mégawatts pour un investissement de 200 millions de dollars. Cette infrastructure sera pilotée par un partenariat stratégique réunissant Vodafone Business, Elsewedy Electric et Cassava Technologies. Ce dernier, en tant que partenaire privilégié de Nvidia en Afrique, garantira l'intégration des technologies de calcul accéléré du géant américain, indispensables à l'entraînement des modèles d'intelligence artificielle les plus avancés.
Un terrain de rivalité entre puissances
L'annonce de ce partenariat intervient dans un climat de diplomatie technologique intense. Alors que la Chine, via Huawei, avait manifesté son intérêt pour accompagner l'Égypte dans le développement de ses capacités de stockage de données, Washington a intensifié ses efforts pour maintenir son influence. Cette dynamique a conduit à une offre concurrente impliquant des acteurs américains de premier plan tels que Nvidia, AMD et Microsoft, soulignant l'importance stratégique de l'Égypte dans la cartographie mondiale de l'IA.
Le défi de la soutenabilité énergétique
Au-delà des enjeux technologiques et géopolitiques, le déploiement de cette infrastructure soulève une question structurelle majeure : la capacité du réseau électrique national à absorber une telle charge. Les centres de données dédiés à l'IA sont particulièrement énergivores, consommant jusqu'à cinq fois plus d'électricité que les installations traditionnelles. Pour l'Égypte, deuxième économie du continent, la réussite de ce projet dépendra de sa capacité à sécuriser un approvisionnement énergétique stable, alors que le pays fait face à des tensions récurrentes sur sa production électrique.
Vers un pôle régional de données
Le gouvernement égyptien affiche une ambition claire : transformer le pays en un carrefour incontournable pour le traitement des données en Afrique et au Moyen-Orient. En multipliant les discussions avec des consortiums internationaux, Le Caire cherche à attirer les investissements nécessaires pour combler le retard infrastructurel du continent en matière d'IA, tout en cherchant à équilibrer ses partenariats technologiques entre les blocs américain et chinois.