Les élections législatives du 23 septembre au Maroc ont acté un renouvellement significatif au sein de la Chambre des représentants. Plusieurs figures de proue de la vie politique nationale, parmi lesquelles d'anciens ministres et des chefs de partis, ont été évincées par les urnes, illustrant une reconfiguration profonde des équilibres parlementaires.
Le déclin des figures historiques
Le scrutin a été marqué par l'échec de personnalités ayant dominé la scène politique pendant des décennies. Mohand Laenser, figure emblématique du Mouvement populaire et ancien ministre de l'Intérieur, n'est pas parvenu à retrouver son siège dans son fief de Boulemane. Ce revers, pour celui qui compte parmi les doyens de la classe politique, marque une rupture symbolique forte. De même, Abdelhadi Khairat, ancien dirigeant de l'USFP, a échoué dans sa tentative de retour parlementaire sous les couleurs du PPS dans la région de Settat-Berrechid.
Revers pour les anciens membres du gouvernement
La sanction des électeurs a également touché des profils plus récents au sein de l'exécutif. Karim Zidane, ancien ministre de l'Investissement candidat pour le RNI à Youssoufia, n'a pas réussi à transformer son implantation locale en victoire électorale. À Rabat, Abdelkrim Benatiq, ancien ministre et cadre de l'USFP, a également essuyé un échec dans la circonscription de l'Océan, malgré une campagne active dans l'une des zones les plus disputées du pays.
Fragilisation des partis et perte de voix d'opposition
Les résultats ont également affaibli la représentation de plusieurs formations politiques. Le Parti de l'Istiqlal perd une figure influente à Fès avec la défaite d'Allal Amraoui, président du groupe parlementaire sortant. Parallèlement, des dirigeants de petites formations, tels que Mustapha Benali (Front des forces démocratiques) à Sidi Slimane et Ahmed Belghazi (Parti de la Choura et de l'Istiqlal) à Khémisset, se retrouvent sans siège. Enfin, l'absence de Fatima Tamni, ancienne députée de la Fédération de la gauche démocratique, est perçue par certains observateurs comme la perte d'une voix critique au sein de l'hémicycle, soulignant l'impact de ce scrutin sur la composition de l'opposition parlementaire.