Le Maroc s'apprête à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants lors du scrutin du 23 septembre 2026. Ce rendez-vous démocratique est marqué par une mutation profonde du corps électoral, caractérisée par un vieillissement des inscrits et un désintérêt croissant des tranches d'âge les plus jeunes.
Un électorat en mutation démographique
Les données publiées par le ministère de l’Intérieur révèlent une contraction significative du nombre d'électeurs inscrits, qui s'établit à 15 801 162 personnes, soit une baisse de plus de deux millions par rapport aux législatives de 2021. Cette tendance s'accompagne d'un déséquilibre générationnel marqué : la part des 18-24 ans a été divisée par deux, chutant de 8 % à 4 %, tandis que celle des 25-34 ans a reculé de 19 % à 15 %. À l'inverse, le poids des électeurs seniors est prédominant, les plus de 60 ans représentant 29 % du total, suivis par la tranche des 45-59 ans qui constitue 31 % du corps électoral.
Une offre politique en expansion
Malgré ce recul du nombre d'inscrits, la compétition électorale s'intensifie. Le nombre de listes en lice atteint 1 850, couvrant l'ensemble des 92 circonscriptions locales et 12 régionales. Cette dynamique se traduit par une moyenne nationale de plus de 18 candidats pour chaque siège, contre 16,5 lors du précédent scrutin. Au total, 7 288 candidatures ont été enregistrées, incluant 227 parlementaires sortants en quête d'un nouveau mandat. Au total, 27 partis politiques ainsi que deux candidats indépendants sous le symbole de « l’Athlète » se disputent les suffrages.
Les enjeux de la participation
La sociologie du corps électoral, composée à 55 % de citoyens issus du milieu rural et à 54 % d'hommes, reste stable par rapport à 2021. Toutefois, la crainte d'un abstentionnisme massif plane sur ce scrutin. Face à ce risque, les leaders des partis politiques ont multiplié les appels au vote durant la campagne, tentant de mobiliser un électorat qui semble s'éloigner des urnes. La capacité des formations politiques à inverser cette tendance, particulièrement auprès de la jeunesse, constitue l'un des points de vigilance majeurs pour la légitimité de la future législature.