Les résultats provisoires des élections législatives du 23 septembre 2026 au Maroc dessinent une reconfiguration interne de la majorité sans pour autant bouleverser l'échiquier politique national. Avec 97 sièges, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) devance le Rassemblement national des indépendants (RNI) et le Parti de l'Istiqlal, qui totalisent chacun 66 sièges, confirmant la prédominance des formations déjà installées.
Une recomposition sans rupture
Pour les observateurs, ce scrutin ne constitue pas une surprise majeure, mais plutôt une permutation des rôles au sein du bloc dominant. Le passage du PAM en tête du classement, au détriment du RNI, illustre une stabilité structurelle où les électeurs privilégient des personnalités et des partis familiers. Cette continuité est renforcée par le fait que les trois formations de tête ont largement défendu le bilan du gouvernement sortant durant la campagne, rendant l'hypothèse d'une reconduction de l'alliance actuelle particulièrement crédible.
Le retour en force du PJD
Le Parti de la justice et du développement (PJD) signe une progression notable avec 54 sièges, marquant un retour significatif après la débâcle de 2021. Cette performance est attribuée à l'intensité de la campagne menée par son secrétaire général, Abdelillah Benkirane, et à la résilience d'une base militante fidèle. Si le parti n'a pas réussi à intégrer le trio de tête, cette dynamique lui confère une position d'opposition plus offensive pour la nouvelle législature.
Les défis de la participation électorale
Avec un taux de participation de 38,01 %, le scrutin s'inscrit dans la continuité des tendances observées depuis 2007. Cette stagnation interroge sur les freins institutionnels, tels que les modalités d'inscription sur les listes électorales ou l'absence de vote pour la diaspora. Des experts suggèrent que des réformes structurelles, comme l'inscription automatique ou le vote obligatoire, pourraient être nécessaires pour dynamiser la vie démocratique et accroître l'engagement citoyen.
L'avenir de la coalition gouvernementale
La question centrale demeure désormais la formation de l'exécutif. La coalition sortante, composée du PAM, du RNI et de l'Istiqlal, dispose d'une majorité confortable lui permettant de gouverner sans nouveaux alliés. Le principal enjeu pour le PAM, désormais leader de cet attelage, sera de démontrer sa capacité à mobiliser des profils compétents pour piloter les départements ministériels, dans un contexte où la continuité politique semble être le mot d'ordre dominant.