Les élections législatives du 23 septembre 2026 ont redessiné le paysage parlementaire marocain. L'examen détaillé de vingt circonscriptions stratégiques, dotées de deux sièges chacune, offre une lecture fine des dynamiques territoriales qui ont façonné ce nouveau rapport de forces entre les six principales formations politiques.
La domination territoriale du PAM
Avec 16 sièges remportés sur les 40 en jeu dans cet échantillon, le Parti authenticité et modernité (PAM) s'impose comme la force dominante de ces zones disputées. Sa performance se distingue par une implantation géographique hétérogène, s'étendant des grands centres urbains aux zones rurales et sahariennes. Cette capacité à s'implanter durablement dans des contextes socio-économiques variés, comme à Mediouna ou à Oued Eddahab, confirme le rôle central du parti dans la configuration de la nouvelle Chambre des représentants.
Résilience et retour des forces historiques
Si le PAM domine, les autres formations maintiennent des ancrages significatifs. Le Parti de l'Istiqlal confirme sa résilience, notamment dans les provinces du Sud, où il préserve des bastions structurés malgré un climat électoral national mouvant. De son côté, le Rassemblement national des indépendants (RNI), bien qu'en recul au niveau national, conserve des relais locaux solides, illustrés par des scores élevés comme celui de Mustapha Baitas à Sidi Ifni. Parallèlement, le Parti de la justice et du développement (PJD) marque son retour parlementaire, passant de 13 sièges en 2021 à 54 en 2026, avec des succès notables dans des circonscriptions comme El Hajeb et Youssoufia.
L'importance décisive des scrutins locaux
La physionomie de ces résultats souligne le poids déterminant des mobilisations de terrain. Dans plusieurs circonscriptions, la victoire s'est jouée à une marge infime, rappelant que la représentativité nationale est la somme de compétitions locales acharnées. À Fès-Anjra, par exemple, seuls 22 suffrages ont séparé le candidat du RNI de celui du PAM. Ces écarts serrés, observés également à Tiznit et Tata, démontrent que la capacité des partis à mobiliser leurs réseaux locaux reste le facteur clé de leur succès électoral.
Une pluralité politique maintenue
Au-delà des duels entre les grands partis, la répartition des sièges dans ces vingt circonscriptions témoigne d'une scène politique qui demeure plurielle. Le Mouvement populaire et l'Union socialiste des forces populaires (USFP) parviennent à tirer leur épingle du jeu, décrochant des élus dans des zones spécifiques comme Ifrane ou Assa-Zag. Cette diversité confirme que la recomposition parlementaire ne se résume pas à une bipolarisation, mais résulte d'une mosaïque de rapports de forces locaux où chaque formation continue de défendre ses positions historiques ou de conquérir de nouveaux espaces.