Législatives 2026 au Maroc : une fracture territoriale entre bastions ruraux et métropoles urbaines

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
Législatives 2026 au Maroc : une fracture territoriale entre bastions ruraux et métropoles urbaines

Les résultats des élections législatives du 23 septembre 2026 dessinent une carte politique marocaine profondément fragmentée. Si le Parti Authenticité et Modernité (PAM) s'impose avec 97 sièges, l'analyse régionale révèle une rupture nette entre des zones rurales mobilisées et des métropoles marquées par une désaffection électorale croissante.

Le Sud et les zones rurales, piliers de la participation

Les provinces sahariennes se distinguent par un civisme électoral soutenu, les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et de Dakhla-Oued Ed-Dahab dépassant les 60 % de participation. Dans ces territoires, le Parti de l’Istiqlal (PI) confirme son hégémonie historique, tandis que le PAM assoit sa domination dans la zone de transition de Guelmim-Oued Noun. Plus au centre, dans les régions montagneuses de Béni Mellal-Khénifra et Drâa-Tafilalet, le PAM maintient sa première place, soutenu par le Mouvement Populaire et l'Istiqlal, dans un contexte de participation intermédiaire.

Le paradoxe des métropoles : abstention et rééquilibrage politique

À l'inverse, les grands centres urbains, notamment l'axe Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, enregistrent un taux de participation inférieur à la moyenne nationale de 38,02 %. Malgré cette abstention record, ces zones sont devenues le théâtre d'une recomposition politique significative. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) y signe un retour remarqué en remportant plusieurs métropoles stratégiques, tandis que l'Alliance de la Gauche réalise une percée inattendue dans ces mêmes bastions urbains.

Défis de gouvernance pour la nouvelle législature

La victoire globale du PAM ne masque pas la dualité du paysage politique national. D'un côté, les zones rurales et le Sud agissent comme des stabilisateurs institutionnels fidèles aux partis traditionnels. De l'autre, les villes expriment une insatisfaction manifeste par le retrait des urnes et le soutien à des forces d'opposition. L'enjeu majeur pour la majorité réaménagée sera de réduire cette fracture territoriale. La capacité des élus à répondre aux attentes socio-économiques des populations urbaines, qui ont clairement réclamé un rééquilibrage du débat politique, constituera le test décisif de la mandature à venir.

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