À l'approche des prochaines élections législatives prévues pour septembre 2026, la bataille pour les dix sièges réservés à la liste régionale des femmes dans la circonscription de Rabat-Salé-Kénitra s'intensifie. Les formations politiques marocaines ont largement opté pour un renouvellement de leurs têtes de liste, cherchant à consolider leurs acquis électoraux dans un contexte marqué par une forte dispersion des voix.
Stratégies de renouvellement des têtes de liste
La majorité des partis politiques a choisi d'introduire de nouveaux visages pour conduire leurs listes régionales. Le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui détenait deux sièges en 2021, a investi Iâtimad Zahidi, une figure dotée d'une expérience significative dans la gestion locale. De leur côté, le Parti Authenticité et Modernité (PAM) et l'Istiqlal ont respectivement désigné Leïla Bilgha et Rahma Taybi Ouzzani, avec pour mission de transformer l'héritage électoral de leurs prédécesseures en un capital politique pérenne.
Le PJD face au défi de la reconstruction
Le Parti de la justice et du développement (PJD) aborde ce scrutin dans une posture délicate. Après avoir perdu son statut de première force politique nationale lors des législatives de 2021, la formation islamiste tente de se reconstruire en investissant Hind El Biki. L'enjeu pour le parti est de démontrer que ses poches électorales à Rabat, Salé, Témara et Kénitra restent suffisamment structurées pour lui permettre de conserver son unique siège parlementaire.
La dynamique des forces de gauche
Les partis de gauche, notamment le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP), misent également sur le renouvellement. Soumia Moncef Haji pour le PPS et Khadija Keniane pour l'USFP incarnent cette volonté de maintenir une visibilité politique forte. Ces candidates, issues des instances dirigeantes de leurs partis respectifs, devront prouver leur capacité à mobiliser l'électorat sans fragiliser l'ancrage historique de leurs formations.
Une compétition axée sur la stabilité électorale
La configuration particulière du scrutin, où le mode de répartition des sièges favorise l'émiettement, transforme cette élection en une lutte de positionnement. Contrairement à une course classique vers la première place, l'objectif principal pour la plupart des partis est de sécuriser une place parmi les dix élus. Dans cette équation, la capacité à protéger les réservoirs de voix existants sera déterminante, chaque siège pouvant se jouer à une marge étroite, rendant l'issue du scrutin particulièrement incertaine pour les formations aux bases électorales limitées.