À l'approche des échéances électorales de 2026, le parti Annahj Addimocrati réaffirme sa stratégie de boycott. Pour son secrétaire général, Jamal Berajaa, ce choix politique est une réponse directe à l'incapacité des scrutins à transformer les conditions de vie des citoyens et à la persistance d'un système jugé déconnecté des réalités sociales.
Une défiance croissante envers le processus électoral
Pour Jamal Berajaa, les élections au Maroc sont devenues une forme de « théâtre » répétitif qui reconduit systématiquement les mêmes structures de pouvoir et les mêmes notables. Le dirigeant de gauche radicale estime que cette perception est largement partagée par une population désabusée, qui ne voit plus dans les urnes un levier de changement. Selon lui, l'abstention, qui pourrait atteindre de nouveaux sommets en 2026, est le symptôme d'une conscience politique qui s'éveille face à des politiques publiques jugées responsables de la fragilisation des services essentiels comme la santé, l'éducation et l'emploi.
Le lien entre contestation sociale et désespoir migratoire
Le secrétaire général d'Annahj Addimocrati établit une corrélation directe entre les récentes mobilisations de la « Génération Z » et les tentatives de traversées vers les enclaves de Sebta et Melilla. Il interprète ces mouvements non comme des faits isolés, mais comme l'expression d'une même crise structurelle. Si les jeunes manifestants réclamaient des droits fondamentaux, leur répression par les autorités est perçue par le parti comme une réponse inadéquate. Concernant les départs vers les enclaves espagnoles, Berajaa y voit une « condamnation politique et morale » des politiques d'État, soulignant que cette quête d'avenir dépasse la simple précarité matérielle pour toucher à un besoin vital de liberté.
Inégalités économiques et concentration des richesses
Au-delà de la sphère politique, le responsable pointe du doigt les déséquilibres économiques du pays. Il dénonce une économie qu'il qualifie de fondée sur la rente, la spéculation et les monopoles, permettant à une minorité de milliardaires de prospérer tandis que la majorité de la population subit une dégradation continue de son niveau de vie. Selon lui, cette concentration des richesses se fait au détriment du monde du travail, où les employés seraient privés de leurs droits fondamentaux. Pour le parti, la priorité devrait être la réorientation des ressources nationales vers un développement inclusif, plutôt que le maintien d'un système qui accentue les inégalités sociales.