La Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) du Nigeria a lancé une enquête sur Obinna Nwaobi, un ancien responsable des opérations bancaires, soupçonné d'avoir détourné 515 millions de nairas. Cette affaire, qui met en lumière des failles critiques dans les procédures de contrôle interne, fait suite à une plainte déposée par l'institution bancaire concernée en juin 2024.
Des transactions non autorisées sur un compte spécifique
L'enquête porte sur des mouvements de fonds suspects effectués depuis le compte de réserve pour le service de la dette (DSRA) de la société DAHUA Paper. Selon les éléments communiqués par l'EFCC, 515 millions de nairas ont été retirés en trois tranches distinctes le 17 juillet 2024. Ces opérations auraient été validées par Obinna Nwaobi au sein de l'agence d'Okpara Avenue à Enugu, en utilisant des documents falsifiés. Le compte, initialement dédié au remboursement d'un prêt auprès de la Banque de l'Industrie, n'était pas destiné à des transactions courantes et aurait dû être protégé par des restrictions strictes.
Défaillances des protocoles de sécurité bancaire
Les investigations préliminaires révèlent que les protocoles de validation ont été contournés. Pour ce type de compte, tout transfert vers des tiers exige normalement l'approbation conjointe du chargé de compte, du directeur régional et de l'équipe de suivi du crédit. L'EFCC souligne que ces garde-fous n'ont pas été respectés lors des transactions incriminées. De plus, bien que le compte ait été réactivé en juin 2024, l'absence de mesure de blocage de type « Post No Debit » (PND) a facilité ces mouvements de fonds non autorisés.
Un profil déjà sous le coup de poursuites judiciaires
Cette nouvelle affaire s'inscrit dans un contexte judiciaire déjà chargé pour l'ancien banquier. Obinna Nwaobi est actuellement en attente de procès devant la Haute Cour fédérale d'Enugu pour une autre affaire de détournement présumé, portant cette fois sur 510 000 dollars appartenant à la société Lantern Gate Nigeria Limited. Dans ce dossier distinct, il est accusé de neuf chefs d'inculpation, incluant faux et usage de faux, pour avoir transféré des fonds vers six comptes tiers sans l'aval du client. Ayant plaidé non coupable, il a été libéré sous caution en novembre 2025, avec une reprise des audiences prévue pour mars 2026. L'EFCC a confirmé que de nouvelles poursuites seront engagées contre lui dès la clôture de l'enquête sur le dossier DAHUA Paper.