Lecteur universitaire tanzanien inculpé de terrorisme après des protestations interdites

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 49 lectures
Lecteur universitaire tanzanien inculpé de terrorisme après des protestations interdites

Un universitaire tanzanien, arrêté pour son rôle présumé dans l’organisation de manifestations interdites, a été inculpé pour terrorisme. Cette affaire illustre l’intensification de la répression contre les voix critiques dans un contexte politique déjà tendu.

Contexte et escalade judiciaire

Melkisedek Kaijage, maître de conférences en science politique et administration publique à l’Université de Dodoma, a été placé en détention provisoire pendant quinze jours avant que les charges ne soient requalifiées. Son arrestation s’inscrit dans une vague de plus de 130 interpellations liées à des manifestations prévues le 7 juillet, destinées à réclamer des réformes démocratiques et justice pour les victimes d’une répression post-électorale. Ces rassemblements, officiellement interdits, n’ont finalement pas eu lieu, mais les autorités ont maintenu une présence sécuritaire renforcée dans les grandes villes.

Initialement accusé d’incitation à la participation aux protestations, Kaijage est désormais poursuivi pour terrorisme, un chef d’accusation passible de peines allant de dix ans à la prison à perpétuité selon la législation tanzanienne. Les procureurs lui reprochent d’avoir menacé de brûler des bâtiments publics, une allégation qualifiée d’intimidation. Son cas, renvoyé devant une juridiction supérieure, exclut toute possibilité de libération sous caution, reflétant la sévérité des procédures engagées.

Enjeux politiques et climat répressif

Cette affaire survient dans un contexte de durcissement des mesures contre l’opposition et les militants, notamment après les violences post-électorales d’octobre 2025. Un rapport officiel a recensé 518 morts de « causes non naturelles », dont 197 par balles, lors des contestations consécutives à la proclamation des résultats, attribués à la présidente Samia Suluhu Hassan avec 98 % des suffrages. L’opposition, excluant deux principaux candidats, avait dénoncé une mascarade électorale, tandis que les autorités imputaient les troubles à une tentative de déstabilisation étrangère.

La suspension récente des meetings politiques, justifiée par des impératifs de sécurité, confirme une stratégie de contrôle accru des espaces de débat. Les collègues de Kaijage, soulignant son engagement pédagogique plutôt que militant, dénoncent une instrumentalisation du droit pour museler les critiques. Cette affaire interroge la pérennité des libertés académiques et la normalisation d’un état d’urgence politique dans un pays autrefois perçu comme stable.

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