L'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien se retrouve au cœur d'une vive controverse après avoir été accusé, par un collectif anonyme sur les réseaux sociaux, d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour rédiger son dernier roman, C'était ça ou mourir. Face à ces allégations, l'auteur et sa maison d'édition, Grasset, dénoncent une campagne malveillante qui méconnaît les fondements de son travail littéraire.
Une défense ancrée dans l'héritage littéraire
Dans un communiqué officiel, Thélyson Orélien rejette catégoriquement l'idée que ses procédés stylistiques puissent être assimilés à une génération automatique. L'écrivain souligne que son style puise ses racines dans la tradition littéraire haïtienne et caribéenne, caractérisée par une attention particulière portée au rythme, aux images et à la poésie. Il rappelle que l'écriture de cet ouvrage a nécessité un travail de longue haleine, débuté en 2017 pour s'achever en 2019, bien avant la médiatisation actuelle des outils d'IA générative.
La position ferme des éditions Grasset
La maison d'édition Grasset a immédiatement pris la défense de son auteur, qualifiant les accusations de « propos malveillants » et de « campagne de haine ». L'éditeur réaffirme sa confiance totale envers l'écrivain, saluant un parcours de création de vingt ans. Pour Grasset, cette polémique dépasse le cas individuel et s'inscrit dans une volonté inquiétante de « normer » ou de « faire taire » des écritures libres, en tentant d'appliquer des outils de mesure technologiques à des œuvres artistiques.
Le débat sur l'authenticité face aux outils de détection
À l'origine de cette polémique, un collectif anonyme de cinq personnes justifie sa démarche par une crainte profonde : celle de voir les productions textuelles humaines évincées par l'IA. Pour étayer leurs soupçons, ces individus ont soumis des extraits du roman à un logiciel de détection spécialisé, le jugeant « particulièrement flagrant ». Si le collectif assure ne pas être lié au monde de l'édition, son action soulève des questions complexes sur la frontière entre l'inspiration humaine et l'assistance technologique, ainsi que sur la légitimité des outils de détection automatique dans le champ de la critique littéraire.