L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, libéré en novembre 2025 après près d'un an de détention, exprime son refus catégorique de la grâce présidentielle dont il a bénéficié. Il revendique désormais la tenue d'un procès public, en présence d'observateurs internationaux, afin d'obtenir une reconnaissance formelle de son innocence face aux accusations qui ont justifié son incarcération.
La contestation d'une mesure de clémence
Pour Boualem Sansal, la grâce accordée par les autorités algériennes, avec l'aval diplomatique de la France et de l'Allemagne, est vécue comme une « blessure » plutôt que comme une libération. L'auteur, qui a passé 361 jours en détention, affirme avoir refusé cette mesure auprès des chefs d'État concernés. Il soutient que cette issue diplomatique occulte la réalité de son dossier judiciaire et l'empêche de laver son honneur par une procédure contradictoire, réclamant la présence de son avocat et d'observateurs indépendants pour garantir l'équité des débats.
Une stratégie judiciaire à l'échelle internationale
Au-delà de sa demande de procès en Algérie, l'écrivain prépare une action en justice contre le régime algérien devant des juridictions internationales. Si le dossier est prêt, son lancement effectif est actuellement suspendu à la demande des autorités françaises. Selon l'écrivain, le Quai d'Orsay et l'Élysée craindraient que l'ouverture d'une telle procédure ne provoque des représailles contre d'autres ressortissants français actuellement détenus en Algérie, notamment le journaliste Christophe Gleizes.
Le récit d'une détention et d'une rupture diplomatique
Dans son ouvrage La Légende, paru en juin 2026, Boualem Sansal revient sur les conditions de son arrestation et critique ouvertement la gestion diplomatique de son cas. Il déplore que la France ait privilégié la négociation plutôt qu'un rapport de force direct avec Alger, estimant que cette approche reflète un affaiblissement de la position française. L'écrivain affirme qu'il aurait été prêt à accepter les conséquences les plus graves de son incarcération plutôt que de subir une libération qu'il considère comme une entrave à la manifestation de la vérité.