L'économiste Olivier Noukpokinnou propose une réforme structurelle pour moraliser la vie publique au Bénin

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
L'économiste Olivier Noukpokinnou propose une réforme structurelle pour moraliser la vie publique au Bénin

Lors de la troisième Conférence publique sur le développement inclusif tenue à Cotonou, l'économiste Olivier Noukpokinnou a dressé un état des lieux critique des pratiques entravant la cohésion sociale au Bénin. Il appelle à une refonte des comportements individuels et à une intervention institutionnelle accrue pour restaurer l'intégrité dans la gestion des affaires publiques.

Un diagnostic sévère des dérives quotidiennes

Le conférencier a identifié douze domaines critiques où les abus de pouvoir et les comportements frauduleux fragilisent le tissu social. Parmi les pratiques dénoncées figurent le détournement de bourses scolaires, les surfacturations, les irrégularités dans le secteur de la santé, ainsi que l'insécurité foncière et les abus liés aux frais de mission. Pour l'économiste, ces agissements, souvent banalisés, constituent des freins majeurs au développement. Il insiste sur la nécessité de replacer l'éthique et l'intégrité au-dessus de la simple technicité, soulignant que l'argent doit demeurer un outil au service de la collectivité et non une fin en soi.

Quatre leviers institutionnels pour le gouvernement

Pour répondre à ces enjeux, Olivier Noukpokinnou a soumis quatre propositions concrètes aux autorités béninoises. Il suggère la création d'une Agence de promotion du volontariat et de l'engagement civique afin de stimuler l'implication des jeunes, ainsi qu'une Agence dédiée à la participation citoyenne et au soutien de l'économie locale. Ces structures visent à rapprocher les citoyens de la gestion publique et à valoriser les initiatives de proximité.

Moralisation et autonomisation de la jeunesse

Le volet répressif et préventif de ces propositions repose sur la création d'une Unité présidentielle pour la moralisation de la vie publique. Cette instance aurait pour mission de centraliser les plaintes des citoyens et d'accompagner les victimes de pratiques abusives. Enfin, l'économiste préconise l'instauration d'un Fonds national de développement de la jeunesse et de l'enfance. Ce mécanisme, alimenté par un système d'actionnariat participatif, aurait pour vocation de financer des infrastructures et des projets entrepreneuriaux portés par les jeunes, transformant ainsi l'engagement citoyen en levier de croissance économique.

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