L'économie marocaine affiche une trajectoire de croissance de 4,4 % pour l'année 2026, portée par une performance exceptionnelle du secteur agricole et une résilience notable du marché du travail. Si ces indicateurs témoignent d'une dynamique positive, la banque centrale souligne toutefois des défis structurels liés au ralentissement des activités non agricoles et à la pression croissante sur la balance commerciale.
Le rebond agricole comme moteur de croissance
La production céréalière nationale atteint cette année un volume significatif de 93 millions de quintaux, permettant une hausse de 16 % de la valeur ajoutée agricole. Ce résultat, qui soutient la croissance globale en 2026, reste toutefois une variable volatile : les projections de Bank Al-Maghrib tablent sur une contraction de 7,6 % du secteur en 2027, en se basant sur une hypothèse de récolte moyenne de 50 millions de quintaux.
Résilience du marché du travail
Malgré une décélération des activités non agricoles, dont le rythme de progression est passé de 4,5 % en 2025 à 3,1 % cette année, le marché de l'emploi démontre une vitalité surprenante. Le pays a enregistré la création de 406 000 emplois nets sur une période d'un an. Cette tendance a permis de ramener le taux de chômage national à 9,5 %, avec des disparités marquées entre les zones urbaines, où il s'établit à 11,9 %, et les zones rurales, où il se limite à 5,4 %.
Défis extérieurs et balance commerciale
L'économie nationale fait face à une pression accrue sur ses finances extérieures, principalement en raison de la facture énergétique. Celle-ci devrait bondir de 28,4 % en 2026 pour atteindre 138,1 milliards de dirhams, sous l'effet conjugué du coût des intrants pétroliers et de l'augmentation des importations de biens d'équipement. Pour compenser ces sorties de devises, le pays mise sur ses secteurs exportateurs stratégiques : l'automobile, qui amorce une remontée graduelle, et les phosphates, dont les expéditions bénéficient de la hausse des cours mondiaux des engrais avec une croissance projetée de 9,7 % en 2026.