La Banque de France a révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l'année 2026, tablant désormais sur un taux de 0,4 %. Ce résultat, le plus faible enregistré depuis 2012 hors période de pandémie, place l'Hexagone dans une situation économique délicate marquée par une stagnation de l'activité au premier semestre.
Des freins multiples sur l'activité
Plusieurs facteurs expliquent ce ralentissement marqué. L'économie française a été directement impactée par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, qui ont pesé sur le Produit intérieur brut (PIB) dès le début de l'année. À cela s'ajoutent des difficultés sectorielles persistantes : une faible dynamique des services marchands, un repli du secteur de la construction et les conséquences directes des épisodes de canicule, qui ont amputé la croissance de 0,1 point via la baisse de la production agricole.
Le pouvoir d'achat sous pression
Le moteur principal de l'économie, la consommation des ménages, est fortement entravé par une inflation attendue à 2,3 % en moyenne sur l'année. Cette hausse des prix n'est pas compensée par les revenus salariaux, entraînant une baisse des salaires réels estimée à 0,3 %. Cette érosion du pouvoir d'achat limite mécaniquement la demande intérieure, tandis que l'investissement privé subit le contrecoup du resserrement des conditions de financement et des incertitudes budgétaires.
La nuance de la Banque de France
Malgré ces indicateurs, la Banque de France rejette l'idée d'un « décrochage » structurel de la France par rapport à ses voisins européens, préférant souligner la résilience de certains secteurs. L'industrie, notamment l'aéronautique et la défense, ainsi que le développement des centres de données, soutiennent les exportations. Les autorités monétaires mettent en garde contre une « sinistrose » qui pourrait devenir une prophétie auto-réalisatrice, tout en reconnaissant que le marché de l'emploi, avec un chômage attendu à 8,4 % fin 2026, reste loin des objectifs de plein-emploi.
Vers une embellie en 2027 ?
L'horizon 2027 dépendra étroitement de la stabilisation des marchés de l'énergie. Dans un scénario de reflux des prix des hydrocarbures, la Banque de France anticipe une reprise de la croissance à 0,9 %, puis 1,2 % en 2028. Toutefois, cette projection demeure fragile : si les cours du pétrole et du gaz se maintiennent à des niveaux élevés, la croissance pourrait stagner durablement à 0,4 %, limitant les marges de manœuvre de l'État dans un contexte où les taux d'emprunt restent élevés.