À Sambaye Karang, l’agriculture et l’élevage, piliers économiques locaux, s’effondrent faute d’eau. Une diplômée en agrobusiness tente de briser ce cercle vicieux en mobilisant les acteurs pour un accès durable à cette ressource vitale.
Un village assoiffé, une jeunesse en fuite
Dans la commune de Mont-Rolland, à Sambaye Karang, l’absence d’eau potable et d’irrigation handicape durablement les activités agricoles et pastorales, tout comme les besoins domestiques. Le réseau de distribution, géré par une entreprise publique, ne couvre qu’une partie du village, laissant des centaines de foyers sans solution. Les tentatives d’extension des infrastructures se heurtent à des coûts prohibitifs, aggravant une crise qui pousse les jeunes à quitter la région vers des zones urbaines ou des pays voisins.
Une lueur d’espoir émerge avec un forage réalisé dans le cadre de travaux routiers majeurs. Cependant, sa pérennité dépendra des décisions municipales, alors que les financements pour son entretien et son exploitation restent incertains. Face à cette situation, Mame Astou Mbaye, technicienne agricole sans emploi, incarne l’espoir d’une génération déterminée à inverser la tendance.
Mobilisation et solutions pour un avenir agricole
Diplômée en agrobusiness, Mame Astou Mbaye a fait de la lutte contre l’exode rural sa priorité. Elle plaide pour la création d’une entreprise agricole locale, capable de générer des emplois et de retenir les jeunes. Son combat passe par des démarches répétées auprès des autorités et des partenaires financiers pour obtenir des fonds dédiés à un nouveau forage. Malgré des coûts jugés trop élevés, elle persiste, convaincue que l’eau est le socle indispensable à tout développement économique et social.
Son engagement dépasse le cadre professionnel : elle soutient sa famille tout en œuvrant pour un avenir où l’agriculture et l’élevage pourraient prospérer. Son message est clair : sans eau, pas de terre cultivable, pas d’élevage viable, et encore moins de stabilité pour les ménages. À travers son exemple, elle rappelle que l’accès à l’eau n’est pas seulement une question de survie, mais un levier stratégique pour l’autonomie des communautés rurales et la souveraineté alimentaire du pays.