Depuis 2017, l'État de Yobe au Nigeria finance intégralement un programme de dialyse gratuite qui coûte 360 millions de nairas par an, soit 30 millions mensuels, pour offrir entre 600 et 700 séances mensuelles à des patients atteints d'insuffisance rénale.
Un engagement financier colossal pour une santé accessible
Le directeur médical de l'hôpital universitaire de Yobe (YSUTH) à Damaturu, Baba Goni, révèle que chaque séance de dialyse, normalement facturée 50 000 nairas hors médicaments et examens, est entièrement prise en charge par l'État. Ce dispositif s'accompagne également de chirurgies gratuites pour créer des fistules vasculaires, essentielles pour les patients souffrant de maladies rénales chroniques. Depuis 2018, un partenariat avec un centre égyptien vise même à former des spécialistes locaux aux greffes rénales, bien que la pandémie ait ralenti ce projet.
Gashua, nouvelle frontière de la lutte contre les maladies rénales
Pour réduire les déplacements coûteux et épuisants vers Damaturu, épicentre des cas de maladies rénales dans l'État, les autorités prévoient d'ouvrir un second centre de dialyse à l'hôpital spécialisé de Gashua. Ce projet, déjà inscrit au budget 2026, s'appuie sur l'acquisition récente de cinq nouvelles machines et d'une unité de traitement d'eau, portant le parc total à 11 appareils fonctionnels. Une délégation officielle s'est même rendue au Ghana pour négocier l'acquisition de machines supplémentaires et la formation du personnel soignant.
Recherche et prudence : l'équilibre entre science et économie locale
Un rapport préliminaire sur une étude épidémiologique menée à Gashua, financée par l'État, doit prochainement être soumis au gouverneur Mai Mala Buni. Cependant, Baba Goni insiste sur la nécessité d'une analyse rigoureuse avant toute conclusion définitive. « Une erreur pourrait avoir des conséquences économiques dramatiques pour les communautés », explique-t-il, rappelant les effets dévastateurs des confinements pendant la pandémie de Covid-19 sur les moyens de subsistance. Le gouvernement cherche ainsi à concilier rigueur scientifique et protection des populations vulnérables.
Un modèle à reproduire en Afrique ?
Avec un coût annuel équivalent à environ 400 000 dollars, ce programme illustre comment un État africain peut, malgré des ressources limitées, prioriser une santé publique de qualité. L'approche combinant dialyse gratuite, recherche médicale et partenariats internationaux pourrait inspirer d'autres régions du continent confrontées à des défis similaires en matière de maladies rénales.