Face à l'émergence de mouvements citoyens dynamiques, le West Africa Civil Society Institute (WACSI) appelle à une transformation profonde des structures traditionnelles. Pour Charles Kojo Vandyck, responsable du développement des capacités au sein de l'institut, l'avenir de l'engagement civique sur le continent dépend de la capacité des organisations établies à transférer une autorité réelle aux jeunes générations.
Dépasser les structures organisationnelles classiques
Lors de la Students and Young Professionals African Liberty Academy (SYPALA) 2026, Charles Kojo Vandyck a souligné une rupture générationnelle dans la manière de concevoir l'action publique. Contrairement aux modèles classiques, souvent rigides et centrés sur des plans stratégiques quinquennaux ou des hiérarchies administratives, les jeunes activistes privilégient des réseaux agiles et décentralisés. Cette nouvelle forme de mobilisation, observée notamment au Ghana et au Kenya, prouve que le changement social peut s'opérer sans passer par le cadre formel des grandes ONG traditionnelles.
L'institutionnalisation comme levier de pérennité
Si la puissance des réseaux sociaux et de la mobilisation numérique est indéniable pour susciter une prise de conscience, elle ne suffit pas à garantir des avancées durables. Le représentant du WACSI avertit que les hashtags ne peuvent se substituer à l'expertise juridique, à la formulation de politiques publiques ou à l'organisation communautaire de terrain. L'enjeu est donc de créer une synergie où les organisations de la société civile (OSC) agiraient comme une infrastructure de soutien pour les mouvements émergents, transformant l'élan numérique en réformes concrètes et pérennes.
Un transfert de pouvoir effectif
Au-delà de la simple création de programmes « dédiés » aux jeunes, le WACSI préconise une inclusion structurelle. Charles Kojo Vandyck insiste sur la nécessité d'intégrer les jeunes au sein des conseils d'administration et de leur confier la gestion directe des ressources et la conception des programmes. Cette approche vise à briser le plafond de verre qui maintient la jeunesse dans un rôle d'exécutant. En leur permettant d'exercer une autorité réelle, les organisations s'assurent non seulement une meilleure représentativité, mais favorisent également l'émergence d'un leadership capable d'innover et d'apprendre par l'expérience directe.