Le volume des échanges commerciaux entre l'Algérie et la France enregistre une nouvelle contraction, s'établissant à 8,6 milliards d'euros sur la période allant d'août 2025 à juillet 2026. Ce recul s'inscrit dans un contexte de réorientation stratégique de la politique commerciale algérienne, visant à diversifier ses partenaires économiques tout en favorisant la production locale au détriment des importations.
Une dynamique de repli bilatéral
La baisse des flux commerciaux est observée dans les deux sens, marquant une rupture avec les niveaux de 2024, où les échanges atteignaient 11,2 milliards d'euros. Les exportations françaises vers l'Algérie ont reculé à 4 milliards d'euros, tandis que les importations en provenance d'Algérie ont chuté à 4,6 milliards d'euros. Bien que la balance commerciale reste excédentaire pour l'Algérie, avec un solde positif de 673 millions d'euros, cet écart s'est considérablement réduit par rapport aux 1,4 milliard d'euros enregistrés en 2024.
La dépendance aux hydrocarbures en question
Les hydrocarbures demeurent le pilier des ventes algériennes vers la France, mais leur valeur a subi une baisse de 22,6 % sur les douze derniers mois, totalisant 3,2 milliards d'euros. Cette diminution, potentiellement liée à la volatilité des cours mondiaux du pétrole, s'accompagne d'un effondrement marqué des autres postes d'exportation. Des secteurs comme les appareils ménagers, le verre et les produits alimentaires ont enregistré des reculs drastiques, illustrant une fragilité structurelle des échanges hors hydrocarbures.
Le recul généralisé des exportations françaises
Côté français, aucun secteur n'échappe à cette tendance baissière. Le secteur automobile, qui constitue traditionnellement le premier poste d'exportation vers l'Algérie, a vu sa valeur chuter de 18,8 % pour atteindre 1 milliard d'euros. Les machines industrielles, les produits pharmaceutiques et les équipements électriques subissent également des replis significatifs, allant de 12 % à plus de 24 %. La chute la plus spectaculaire concerne les produits alimentaires, dont les ventes ont été divisées par deux, passant de 104 à 47 millions d'euros.
Vers une nouvelle stratégie économique
Ce déclin des échanges bilatéraux reflète la volonté affichée d'Alger de réduire sa dépendance aux importations et de restructurer son tissu industriel national. En encourageant l'investissement étranger direct et la production locale, l'Algérie cherche à transformer son modèle économique. Pour les entreprises françaises, ce repli constitue un point de vigilance majeur, les obligeant à repenser leur présence sur le marché algérien dans un environnement devenu plus sélectif et tourné vers la diversification des partenaires internationaux.