Le classement Forbes 2026 des milliardaires africains met en lumière une classe d'affaires où la jeunesse est relative, le plus jeune représentant atteignant tout juste 51 ans. Cette hiérarchie, dominée par des conglomérats diversifiés, illustre la persistance de structures industrielles puissantes au cœur de la création de richesse sur le continent.
Une domination des conglomérats diversifiés
Le Tanzanien Mohammed Dewji, à 51 ans, occupe la première place de ce classement. À la tête de METL, un groupe fondé par son père, il incarne une stratégie d'expansion régionale opérant dans dix pays africains, allant de la transformation agroalimentaire au textile. Ce modèle de conglomérat familial se retrouve chez plusieurs autres figures du classement, comme Aziz Akhannouch au Maroc, dont le groupe Akwa est un acteur majeur des hydrocarbures, ou encore la famille Mansour en Égypte, dont les intérêts s'étendent de la distribution automobile à l'immobilier.
L'industrie et l'énergie comme moteurs de croissance
La fortune des personnalités les plus en vue de ce top 10 repose largement sur des secteurs lourds. Aliko Dangote, avec une fortune estimée à 28,5 milliards de dollars, reste le leader incontesté, porté par ses capacités massives dans le ciment, les engrais et le raffinage pétrolier. De même, Abdulsamad Rabiu, avec le groupe BUA, et Nassef Sawiris, via OCI, confirment que la production industrielle — notamment les fertilisants et les matériaux de construction — demeure le socle le plus solide pour bâtir des empires financiers d'envergure internationale.
Diversification et influence internationale
Au-delà de l'industrie, ces milliardaires déploient des stratégies de diversification marquées par des investissements dans la finance, les télécommunications et le sport. Patrice Motsepe, figure centrale du secteur minier sud-africain, illustre cette tendance en combinant ses activités dans les ressources naturelles avec une influence notable dans le football continental et les services financiers. De son côté, Strive Masiyiwa, pionnier des télécommunications au Zimbabwe, a su transformer son succès initial dans le mobile en un portefeuille diversifié incluant la fintech et des infrastructures numériques, tout en siégeant au conseil d'administration de plateformes technologiques mondiales.
Un engagement social en question
Si la réussite économique est le critère premier de ce classement, l'impact sociétal de ces fortunes est de plus en plus scruté. Certains, à l'instar de Mohammed Dewji, ont formalisé leur engagement par le « Giving Pledge », s'engageant à reverser une partie significative de leur patrimoine à des causes philanthropiques. D'autres, comme Samih Sawiris, intègrent des fondations dédiées à la création d'emplois durables, soulignant une volonté croissante de ces acteurs économiques de lier leur réussite à des enjeux de développement local.