Le vieillissement démographique du Québec remet en cause l’équilibre budgétaire visé pour 2030, selon les experts

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 19 lectures
Le vieillissement démographique du Québec remet en cause l’équilibre budgétaire visé pour 2030, selon les experts

Les partis québécois ont promis de ramener le budget à l’équilibre d’ici 2030, mais les experts soulignent que le vieillissement rapide de la population pourrait rendre ces objectifs irréalistes. Le rapport de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke montre que les projections actuelles sous-estiment largement l’impact budgétaire du choc démographique.

Promesses électorales et maîtrise stricte des dépenses

Lors de la campagne électorale, les principaux partis ont mis l’accent sur la limitation de la hausse des dépenses, en visant une augmentation au plus égale à l’inflation, à l’exception de Québec solidaire qui propose de créer de nouvelles sources de revenu. Le scénario de base présenté dans le rapport préélectoral prévoyait des hausses de dépenses plus importantes en santé (+4,6 % par an) et en éducation (+2,8 %) que dans d’autres secteurs comme les affaires municipales (-3 %) ou la culture (-4,1 %).

Coût réel du vieillissement sur les dépenses de santé

Le secteur de la santé représente 42 % du portefeuille budgétaire du Québec, contre 31 % dans les années 1980. Le vérificateur général a relevé que le gouvernement calcule la hausse des dépenses de santé en suivant l’inflation générale (2,9 % en moyenne), alors que les prix des fournitures médicales (+5,4 %), des denrées alimentaires (+7,6 %) et des médicaments (+14,5 %) ont augmenté bien plus rapidement. Cette méthode conduit à une sous‑estimation du coût supplémentaire, estimé à 100 M$ par an alors que le vrai impact serait de 600 M$.

Réduction du potentiel de croissance économique

Entre 1982 et 2002, le PIB réel du Québec a crû en moyenne de 2,4 % par an, soutenu par une population active en hausse (+0,7 %), un taux d’emploi plus élevé (+0,8 %) et une productivité croissante (+1 %). Les projections du ministère des Finances indiquent que, d’ici 2030, le potentiel de croissance économique ne dépassera que 1,4‑1,5 % annuels, en raison d’une baisse de la population âgée de 15 à 64 ans (-0,5 %). Au-delà de 2030, même en intégrant les travailleurs de 65 à 74 ans, le potentiel chute à 0,8 % par an jusqu’en 2065, soit deux fois moins que la moyenne de 2003‑2019.

Démographie : un déséquilibre croissant

Les données officielles montrent que la part des 0‑19 ans est passée de 24,4 % en 2000 à 20,6 % en 2022 et devrait atteindre 18,5 % d’ici 2047. La tranche 20‑64 ans, principale force de travail, est passée de près de 63 % à 60 % et devrait descendre à 55 % en 2051. En revanche, les 65 ans et plus représentent aujourd’hui près de 22 % de la population et dépasseront 26 % en 2047, soit un doublement depuis le tournant du siècle. Cette évolution crée une pression simultanée sur les dépenses publiques et sur la base fiscale du gouvernement.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.