Le vice-président de la Chambre des représentants du Nigeria, Benjamin Kalu, a fait obstacle à une proposition visant à convoquer le président de la Commission électorale nationale indépendante (INEC), le professeur Joash Amupitan, devant l'assemblée plénière. Cette intervention souligne une volonté de préserver l'autonomie opérationnelle de l'organe électoral face aux pressions politiques à l'approche des échéances de 2027.
La primauté des commissions parlementaires
La motion, portée par les députés Mansur Soro et Abdulsamad Dasuki, visait à obtenir un briefing direct devant l'ensemble des législateurs concernant les préparatifs des prochaines élections générales. Benjamin Kalu a fermement contesté cette approche, arguant qu'elle court-circuite le travail de la Commission parlementaire sur les questions électorales. Selon lui, cette instance possède le mandat exclusif et l'expertise nécessaire pour assurer le suivi technique des activités de l'INEC, rendant une convocation en séance plénière redondante et institutionnellement inappropriée.
Éviter une pression politique contre-productive
Au-delà de la question de procédure, le vice-président a mis en garde contre les risques d'une telle démarche pour la stabilité du processus électoral. Il estime qu'une convocation publique immédiate, alors que l'INEC a déjà multiplié les communications nationales sur ses préparatifs, pourrait générer une anxiété inutile au sein de la population. Pour Kalu, l'institution législative doit agir comme un partenaire qui renforce la confiance dans le système électoral, plutôt que d'imposer des contraintes qui pourraient être perçues comme une ingérence déstabilisatrice.
Un arbitrage en faveur du dialogue technique
La position de Benjamin Kalu a reçu un soutien significatif au sein de la Chambre, notamment de la part du député Babajimi Benson. À l'issue d'un vote à la voix, le président de la Chambre, Tajudeen Abbas, a entériné l'amendement proposé : le dossier est désormais officiellement renvoyé devant la Commission sur les questions électorales. Ce choix confirme la volonté de la Chambre de privilégier un dialogue de travail structuré et régulier avec l'INEC, plutôt qu'une confrontation politique directe qui aurait pu fragiliser la perception publique de l'indépendance de la commission électorale.