Le vice-ministre de la Justice du Ghana, Dr Justice Srem-Sai, a publiquement mis en cause l'intégrité de l'Association du Barreau du Ghana (GBA). Il reproche à l'organisation une sélectivité dans ses prises de position, suggérant que ses critiques à l'égard du juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, seraient dictées par des affinités politiques plutôt que par une rigueur institutionnelle.
Une remise en question de la neutralité du Barreau
Au cœur du débat se trouvent les récentes déclarations du juge en chef, Paul Baffoe-Bonnie, lors de visites officielles au sein de la Caisse nationale de prévoyance sociale (SSNIT) et du Fonds d'investissement des revenus miniers (MIIF) le 2 septembre dernier. Ses commentaires, comparant la gestion des institutions sous l'administration actuelle à celle du gouvernement précédent, ont suscité une vive controverse. La présidente du Barreau, Efua Ghartey, a qualifié la défense du juge par les services judiciaires de « médiocre », exhortant les magistrats à respecter strictement les limites constitutionnelles de leurs fonctions.
Le reproche de l'incohérence institutionnelle
Pour le Dr Srem-Sai, cette réaction du Barreau est symptomatique d'une pratique à géométrie variable. Il soutient que si l'Association exige une neutralité politique absolue des membres de la magistrature, elle doit appliquer cette règle avec constance, indépendamment des gouvernements en place ou des personnalités visées. Selon le vice-ministre, le Barreau choisit ses combats en fonction de ses préférences politiques, ce qui, selon lui, fragilise la crédibilité de l'institution et alimente une perception publique persistante d'alignement partisan.
Les répercussions sur le débat public
Cette polémique dépasse le cadre strictement juridique pour toucher à la confiance des citoyens envers les institutions. Le vice-ministre a souligné que le soutien apporté par l'opposition parlementaire au Barreau renforce, à ses yeux, l'idée d'une connivence politique. Alors que le débat sur l'indépendance judiciaire s'intensifie, les appels à la démission du juge en chef, portés par certains acteurs politiques, sont jugés disproportionnés par d'autres instances, comme la Conférence des évêques catholiques. Cette séquence met en lumière les tensions persistantes entre les organes de régulation du droit et les autorités constitutionnelles au Ghana, posant la question du rôle réel de la profession juridique dans la surveillance des pouvoirs publics.