Le Venezuela signe des accords historiques avec des multinationales sous l'égide des États-Unis, promettant des investissements colossaux et une relance de sa production pétrolière, mais au prix d'un contrôle américain sur une partie de ses réserves.
Un virage énergétique sous supervision américaine
Mercredi 2 septembre, le Venezuela a officialisé plusieurs accords majeurs avec des entreprises américaines et européennes, encadrés par la visite du ministre américain de l'Énergie, Chris Wright. Ces partenariats visent à relancer l'industrie pétrolière et électrique du pays, en crise depuis des années. Chevron, Eni et GE Vernova obtiennent des concessions clés, tandis que Washington renforce son emprise sur les ressources vénézuéliennes, avec un contrôle sur 20 % des réserves estimées du pays.
Des milliards d'investissements et des promesses d'emplois
Les contrats signés prévoient des investissements estimés à plusieurs dizaines de milliards de dollars, avec des retombées promises en termes d'emplois et de croissance. Chevron, déjà présent au Venezuela, table sur une multiplication par deux de sa production actuelle (environ 300 000 barils/jour) d'ici 2026, visant 600 000 barils/jour. L'italien Eni se voit attribuer l'exploitation exclusive du gisement de Junin 5, l'un des plus importants de la ceinture de l'Orénoque. GE Vernova, quant à elle, interviendra sur la remise en état du réseau électrique, un secteur en lambeaux.
Un contrôle américain sur les réserves vénézuéliennes
L'accord bilatéral conclu entre Washington et Caracas, annoncé fin août, prévoit une prise de participation de 35 % dans North American Blue Energy Partners, deuxième société pétrolière privée du Venezuela. En échange, les États-Unis pourront acheter 20 % de sa production à prix coûtant, destinée à être raffinée sur leur sol. Donald Trump évoque un « jackpot pétrolier » susceptible de doubler les réserves américaines, un enjeu stratégique alors que les prix à la pompe restent un sujet sensible à l'approche des élections de mi-mandat.
Transition politique et élections : un calendrier incertain
Sur le plan politique, les accords s'accompagnent d'une pression américaine pour retarder les élections, jugées prématurées. Delcy Rodriguez, présidente par intérim depuis l'enlèvement de Nicolas Maduro en janvier, a réaffirmé que le processus électoral ne serait organisé que lorsque le pays serait « prêt ». Les pourparlers entre pouvoir et opposition, relancés en août sous l'égide de Washington, doivent se poursuivre dans les prochains jours, selon Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine.