Le Venezuela a procédé à la libération de 39 prisonniers politiques entre le vendredi et le samedi derniers, marquant une nouvelle étape dans les négociations entre le gouvernement intérimaire et l'opposition. Ces libérations interviennent à l'issue d'un second cycle de pourparlers mené sous l'égide des États-Unis, visant à stabiliser le pays après le départ de l'ancien président Nicolas Maduro.
Profils des personnes libérées
Parmi les individus remis en liberté figurent huit femmes qui étaient accusées de « narco-terrorisme » depuis 2021, ainsi que six personnes poursuivies pour leur implication présumée dans une tentative de renversement de l'ancien régime en 2020, en lien avec les États-Unis. Le groupe de défense des droits humains Justicia, Encuentro y Perdon (JEP) a confirmé ces libérations tout en soulignant sa volonté de maintenir une vigilance constante pour obtenir la libération totale des détenus encore incarcérés.
Un contexte de transition politique
Ces discussions, dirigées par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, s'inscrivent dans une dynamique de réforme entamée après le retrait militaire de Nicolas Maduro en janvier. Un premier cycle de négociations, tenu en août, s'était concentré sur le déblocage de fonds vénézuéliens gelés à l'étranger, nécessaires pour financer la reconstruction après les séismes de juin qui ont causé la mort de plus de 6 300 personnes, ainsi que sur la réforme du système judiciaire.
Le défi de la libération totale
Malgré l'adoption d'une loi d'amnistie en février sous la pression de Washington, le rythme des libérations reste jugé lent par les observateurs. Selon les données de l'organisation Foro Penal, 344 personnes étaient encore classées comme prisonniers politiques au 18 septembre, un chiffre en baisse par rapport aux 391 recensés en août. De leur côté, les familles des détenus continuent de manifester devant l'ambassade des États-Unis à Caracas et aux abords de la prison d'El Rodeo I, un centre de détention régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits humains.