Le Venezuela envisage une dollarisation totale pour stopper l'hyperinflation galopante

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 25 lectures
Le Venezuela envisage une dollarisation totale pour stopper l'hyperinflation galopante

Le Venezuela, en proie à une inflation vertigineuse, pourrait prochainement opérer un virage monétaire historique. Sous l'impulsion de l'économiste Steve Hanke, conseiller auprès de l'Assemblée nationale, le pays envisage d'abandonner le bolivar pour adopter le dollar américain comme monnaie officielle unique, une mesure radicale visant à restaurer la stabilité des prix.

Une stratégie de rupture pour contrer l'effondrement

La proposition de Steve Hanke va bien au-delà d'une simple cohabitation monétaire. Elle prévoit la suppression pure et simple du bolivar et la dissolution de la Banque centrale du Venezuela. L'objectif est de mettre fin à la création monétaire incontrôlée, mécanisme utilisé par les autorités pour financer les dépenses publiques et qui alimente, selon l'économiste, la spirale inflationniste. Avec une inflation annuelle estimée entre 400% et 600%, cette réforme est présentée comme le préalable indispensable à toute reconstruction économique du pays.

La réalité d'une dollarisation de fait

Le projet s'appuie sur une observation pragmatique : l'économie vénézuélienne est déjà largement dollarisée. Face à la dépréciation massive du bolivar, qui a perdu 78% de sa valeur face au billet vert sur l'année écoulée, une grande partie de la population a déjà adopté le dollar pour ses transactions quotidiennes. Pour les partisans de cette réforme, il ne s'agit pas d'imposer une nouvelle habitude, mais de légaliser une pratique déjà ancrée dans le quotidien des citoyens, à l'exception notable des fonctionnaires et des bénéficiaires d'aides publiques.

Les risques de la perte de souveraineté monétaire

Si la dollarisation promet une stabilisation rapide, elle comporte des risques structurels majeurs. En adoptant le dollar, le Venezuela perdrait toute autonomie en matière de politique monétaire, devenant dépendant des décisions de la Réserve fédérale américaine. De plus, la disparition de la banque centrale priverait le pays de son rôle de prêteur en dernier ressort, une fonction cruciale pour soutenir le système bancaire en cas de crise de liquidité. Des exemples récents, comme celui de l'Argentine, illustrent la difficulté de mener à terme de tels projets de transformation monétaire.

L'espoir d'un retour des investissements étrangers

Au-delà de la stabilité des prix, les promoteurs de cette réforme misent sur un effet d'entraînement pour l'économie réelle. La fin du risque de change pourrait, selon Steve Hanke, favoriser le retour des investisseurs étrangers, notamment dans le secteur pétrolier, pilier de l'économie nationale. Cette dynamique permettrait, en théorie, de générer les devises nécessaires pour restructurer une dette publique colossale, estimée à 250 milliards de dollars, et de relancer le crédit et l'investissement privé dès l'année prochaine.

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