Le tribunal correctionnel de Ziguinchor a mis en délibéré, pour une décision attendue le 10 novembre 2026, le procès de douze personnes interpellées en août dernier. Cette affaire, qui mêle des accusations d'actes contre nature et de transmission volontaire du VIH, soulève des enjeux majeurs de santé publique et de procédure judiciaire au Sénégal.
Un réquisitoire sévère du ministère public
Lors de l'audience tenue à huis clos, le ministère public a formulé des réquisitions particulièrement lourdes à l'encontre des prévenus. Le procureur a demandé une peine de huit ans d'emprisonnement ferme pour chacun des douze individus, assortie d'une amende individuelle de 5 000 000 F CFA. De son côté, la défense a contesté la matérialité des faits reprochés, plaidant pour la relaxe pure et simple de ses clients.
L'origine de l'enquête et les interpellations
L'affaire a débuté par une opération menée par la Section de recherches de la gendarmerie de Ziguinchor dans le quartier Peryssac. L'interpellation initiale d'un coiffeur local, dont le téléphone contenait des enregistrements vidéo, a conduit les enquêteurs à identifier et arrêter onze autres personnes. Le groupe, aux profils socio-professionnels variés incluant des commerçants, des étudiants, un élève et un personnel soignant de l'hôpital de la Paix, a été poursuivi pour association de malfaiteurs, actes contre nature et transmission volontaire du VIH.
Preuves numériques et enjeux sanitaires
Le dossier repose en grande partie sur l'exploitation des données numériques saisies lors de l'enquête. Les échanges sur les messageries instantanées, contenant des images et des discussions à caractère sexuel, ont servi de base aux confrontations menées par les enquêteurs. Par ailleurs, les autorités judiciaires ont intégré une dimension sanitaire au procès, cinq des prévenus ayant été testés positifs au VIH à la suite de dépistages réalisés dans le cadre de la procédure. La reconnaissance des faits par les mis en cause lors de leur audition constitue un élément central que le tribunal devra désormais évaluer avant de rendre son verdict en fin d'année 2026.