Le tribunal d’État de Lagos a rejeté lundi la requête d’Euracare Multi‑Specialist Hospital visant à suspendre l’enquête coroniale ouverte sur la mort du bébé Nkanu Nnamdi, âgé de 21 mois, fils de l’écrivaine Chimamanda Adichie. La décision confirme que la procédure légale doit se poursuivre, malgré les objections du couple et les arguments du centre hospitalier.
Jugement du tribunal et motifs du rejet
La juge Aishat Opesanwo a déclaré que la demande d’Euracare, fondée sur des recours de certiorari et de prohibition, reposait sur une mauvaise compréhension du rôle du coroner. Selon elle, la compétence du coroner dépend du lieu du décès, non de la disponibilité du corps. La cour a donc annulé la motion du centre, permettant à l’enquête de se dérouler conformément à la loi.
Le cadre légal du coroner au Nigeria
Le jugement rappelle l’article 15(2) de la Lagos State Coroner’s System Law de 2007, qui impose une enquête coroniale pour tout décès survenu dans un établissement médical. Le coroner a le pouvoir d’interroger les témoins, de recueillir des preuves et de déterminer les circonstances du décès sans suivre les règles strictes de preuve d’un procès pénal ou civil. La juge a souligné que l’enquête est une recherche de faits, non un jugement de culpabilité.
Contexte de la mort du bébé et accusations de négligence
Les parents d’Adichie ont accusé Euracare de négligence médicale, invoquant une possible surdose de sédatifs et le retrait d’oxygène comme causes d’un arrêt cardiaque. Le centre hospitalier a réfuté ces allégations, affirmant que l’enfant était déjà dans un état critique à son admission et que les soins prodigués respectaient les protocoles standards. Le gouvernement de l’État de Lagos a lancé l’enquête afin de clarifier les faits.
Implications pour le système judiciaire et les familles
En confirmant la légitimité de l’enquête coroniale, le tribunal renforce le principe selon lequel les procédures d’enquête publique ne peuvent être interrompues par des demandes de suspension basées sur des considérations de coût ou de disponibilité du corps. Cette décision pourrait servir de référence pour d’autres affaires de décès en détention médicale, assurant que les familles obtiennent une réponse officielle et que les établissements de santé restent soumis à un contrôle juridique.