La justice ghanéenne a refusé la remise en liberté sous caution de six individus impliqués dans l'exportation illicite de près de quatre tonnes de cocaïne vers la France. Cette affaire met en lumière des failles critiques dans les procédures de contrôle douanier au port de Tema.
Des anomalies ignorées au scanner
L'enquête porte sur quatre conteneurs de 40 pieds, officiellement déclarés comme contenant des résidus de plastique, qui ont été interceptés en France avec environ 3,9 tonnes de stupéfiants. Selon l'accusation, les images du scanner portuaire montraient des anomalies flagrantes qui auraient dû déclencher une inspection physique approfondie. Au lieu de cela, les conteneurs ont été autorisés à quitter le port, soulevant des questions sur la vigilance des services de contrôle.
Implication d'agents de l'administration fiscale
Parmi les six personnes incarcérées, quatre sont liées à l'Autorité fiscale du Ghana (GRA). Les procureurs soutiennent que le processus de vérification a été délibérément contourné. L'un des suspects, Frank Adu-Boahen, est accusé d'avoir partagé ses identifiants de connexion avec des tiers pour valider l'analyse des images de scan, alors qu'il était le seul habilité à effectuer cette tâche. Adu-Boahen, identifié comme le propriétaire de la cargaison, a été arrêté dans une cachette à Tema le 16 septembre.
Le rôle des transitaires dans la chaîne logistique
Francis Narh Amanor, directeur général de Fresna Commodities Ltd et transitaire, figure également parmi les prévenus. Les investigations menées via le système de gestion douanière intégré (ICUMS) ont révélé que sa société était l'exportatrice officielle des conteneurs. Amanor a déclaré aux enquêteurs avoir agi pour le compte d'Adu-Boahen, tout en reconnaissant diriger F&F Logistics, l'entreprise en charge du transit. Les six suspects font face à des chefs d'accusation lourds, incluant la conspiration, l'exportation de stupéfiants sans licence et la complicité.
Une procédure judiciaire en cours
Le tribunal de Kwabenya a ordonné le maintien en détention des six accusés, estimant que les investigations nécessitaient leur présence continue. L'affaire a été ajournée au 24 septembre 2026. Ce dossier constitue un test majeur pour les autorités ghanéennes, qui cherchent à identifier les responsabilités individuelles au sein de la chaîne logistique et à comprendre comment une telle quantité de drogue a pu transiter par le principal port du pays sans être interceptée.