Le Tribunal de grande instance de N'Djamena a ouvert, ce lundi 28 septembre 2026, le procès d'un jeune homme de 18 ans accusé de détournement de mineure et de soutien à la délinquance juvénile. Cette affaire met en lumière les enjeux liés à la protection des mineurs ainsi que les défis de la célérité judiciaire au sein du système pénal tchadien.
Les circonstances des faits reprochés
Lors de l'audience, le prévenu a reconnu avoir entretenu des relations suivies avec la victime, tout en niant avoir eu conscience de sa minorité. Selon ses déclarations, la jeune fille se rendait régulièrement à son domicile conjugal sous couvert de rendre visite à une amie résidant sur place. Malgré les alertes émises par l'épouse du prévenu auprès de la famille de la victime, les rencontres clandestines se seraient poursuivies. Le juge a toutefois balayé l'argument de la bonne foi du prévenu, rappelant que la minorité pénale est une donnée objective établie par l'état civil et non par les affirmations de la victime.
Une procédure judiciaire sous tension
Le procès a été marqué par un report au 5 octobre 2026, motivé par l'absence de la partie civile. Ce délai supplémentaire prolonge une situation déjà complexe pour le prévenu, qui conteste les conditions de sa prise en charge par l'institution judiciaire. L'homme a en effet déclaré devant le tribunal être incarcéré à la maison d'arrêt de Klessoum depuis le mois de février dernier.
La question de la détention préventive
Au-delà des faits de détournement, les déclarations du prévenu soulèvent une problématique majeure concernant les délais de comparution. En affirmant avoir passé huit mois en détention sans avoir été présenté à un juge avant cette audience, le jeune homme pointe du doigt les difficultés de gestion des dossiers en attente de jugement. Cette situation souligne l'importance du respect des délais de procédure, un enjeu crucial pour garantir l'équité et le bon fonctionnement de la justice pénale dans le pays.