Le Tribunal des flagrants délits de Diourbel a ordonné l'internement psychiatrique de Mamadou Lamine Konté, 36 ans, poursuivi pour des menaces de mort réitérées à l'encontre de sa mère. Cette décision judiciaire met en lumière les défis complexes de la prise en charge des individus souffrant de troubles mentaux au sein du système pénal sénégalais.
Une décision fondée sur l'article 50 du Code pénal
Lors de l'audience du 17 septembre 2026, le tribunal a prononcé la relaxe du prévenu en s'appuyant sur l'article 50 du Code pénal. Cette disposition juridique stipule l'absence de responsabilité pénale lorsque l'auteur des faits présente une déficience mentale au moment de l'infraction. Face à la détresse de la mère, M. Keïta, qui craignait une issue tragique, le juge a imposé une mesure d'internement immédiate dans un établissement spécialisé.
Des failles administratives dans le suivi des soins
Le dossier révèle une défaillance critique dans le suivi des mesures de santé mentale. Lors d'une précédente comparution, une décision similaire d'internement avait été prise, mais l'individu avait été libéré sans que le magistrat en soit informé. Pour éviter une nouvelle récidive, le tribunal a cette fois renforcé le protocole : le préfet de Diourbel est désormais chargé de garantir l'exécution de la mesure, tandis que le médecin traitant devra fournir des rapports semestriels. Le procureur devra également être impérativement notifié avant toute éventuelle remise en liberté.
Un incident sécuritaire en pleine salle d'audience
L'annonce du verdict a provoqué une réaction violente de la part du prévenu. Après avoir proféré des menaces directes et des injures à l'encontre du magistrat, l'homme a dû être maîtrisé par six gardes pénitentiaires pour être évacué de la salle. Cet incident souligne la dangerosité potentielle des prévenus souffrant de paranoïa délirante et les risques sécuritaires auxquels sont exposés les acteurs de la justice lors de la gestion de dossiers liés à la santé mentale.