Une affaire d'abus de confiance présumé secoue le secteur de la distribution de produits halieutiques à Diourbel. Un mareyeur est actuellement poursuivi devant le tribunal des flagrants délits pour ne pas avoir reversé 59 millions de francs CFA issus de la vente de poissons importés du Maroc, un dossier qui met en lumière les fragilités des circuits de recouvrement dans le commerce informel.
Une collaboration commerciale rompue
Le différend oppose B. Bèye, importateur de poissons, à son collaborateur de longue date, A. Ndack. Depuis plus de dix ans, les deux hommes entretenaient une relation professionnelle basée sur la gestion de conteneurs de marchandises, le second percevant une commission sur les ventes réalisées. La situation s'est toutefois envenimée lorsque les reversements des recettes ont cessé d'être honorés, poussant l'employeur à saisir la justice après avoir lui-même été mis sous pression par ses fournisseurs marocains.
La question des créances impayées
À la barre, le prévenu a justifié le manque à gagner par les défaillances de ses propres clients, affirmant que certains acheteurs n'avaient pas réglé leurs dettes ou avaient disparu. Pour étayer ses dires, A. Ndack a produit une liste manuscrite de débiteurs. Cependant, cette pièce a été jugée insuffisante par le ministère public et la partie civile, qui ont souligné l'absence de coordonnées précises permettant de vérifier l'existence réelle de ces créances. Un acompte de 20 millions de francs CFA avait été versé au préalable, sans pour autant apaiser le conflit.
Enjeux juridiques et demandes des parties
La stratégie de la défense, portée par Me Serigne Diougne, consiste à requalifier les faits en soutenant l'existence d'un contrat de vente plutôt que d'une simple relation de collaboration, plaidant ainsi pour la relaxe. À l'inverse, la partie civile, représentée par Me Abdou Dialy Kane, réclame 40 millions de francs CFA en réparation des préjudices subis. Le procureur, quant à lui, a requis une peine d'un an d'emprisonnement ferme. Le tribunal rendra sa décision le 24 septembre prochain, une issue qui pourrait faire jurisprudence sur la gestion des risques financiers dans les partenariats commerciaux locaux.