Le pôle économique et financier du tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a confirmé la détention de l’ancien ministre Lionel Bilgo et de Vincent de Paul Kaboré, refusant leurs requêtes de liberté provisoire et d’annulation du second mandat de dépôt. Le dossier, qui inclut désormais une accusation de blanchiment de capitaux, a été renvoyé pour une nouvelle audience le 5 octobre 2026.
Rejet de la liberté provisoire et du second mandat de dépôt
Lors de l’audience du 21 septembre 2026, le pôle ECOFI a statué contre les deux demandes présentées par la défense. L’exception de nullité du second mandat de dépôt, invoquée par les avocats, n’a pas été retenue, tout comme la requête visant à libérer les prévenus sous contrôle judiciaire. Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré demeurent donc en détention en attendant la suite de la procédure.
Distinction entre les infractions initiales et le blanchiment de capitaux
Les avocats de la défense ont souligné que les faits de blanchiment de capitaux, découverts au cours des enquêtes complémentaires, devaient être traités séparément des accusations initiales d’exercice illégal d’activités de promotion foncière et de publicité immobilière non autorisée. Selon eux, le pôle ECOFI ne pouvait statuer que sur le volet financier, tandis que la juridiction d’appel devait encore se prononcer sur le dessaisissement relatif aux infractions foncières.
Enjeux de la procédure et perspectives judiciaires
Le recours à un second mandat de dépôt avait été justifié par la magistrature comme une mesure exceptionnelle, alors que la défense rappelait que la liberté constitue la règle et la détention l’exception. Le tribunal a estimé que les exigences de la procédure restaient satisfaites, notamment en l’absence de risque de fuite ou d’obstruction des investigations. Le renvoi du dossier au 5 octobre 2026 permettra aux juges de trancher les questions de compétence et de déterminer la suite du procès, notamment la possible séparation des deux ensembles d’infractions.
Contexte politique et économique de l’affaire
L’affaire touche un ancien ministre, Lionel Bilgo, qui a occupé le portefeuille de la promotion foncière de janvier à septembre 2022, ainsi que le directeur exécutif de la Société immobilière Traoré et frères (SITRAF), Vincent de Paul Kaboré. Au-delà des accusations de pratiques illégales dans le secteur immobilier, l’ajout du blanchiment de capitaux renforce la dimension économique et politique du dossier, rappelant les défis de la lutte contre la corruption et le financement illicite au Burkina Faso.