Le Tribunal arbitral du sport (TAS) a tranché en faveur de Mady Touré, annulant la décision de la Commission de recours de la Fédération sénégalaise de football (FSF) qui avait jugé son recours irrecevable. Cette sentence contraint l'instance dirigeante du football sénégalais à réexaminer le dossier sur le fond, tout en marquant un revers financier et procédural pour la fédération.
Une condamnation financière pour la FSF
Au-delà de l'aspect électoral, la décision rendue le 21 août 2026 comporte des conséquences pécuniaires immédiates pour la FSF. L'institution est condamnée à verser 3 000 francs suisses à Mady Touré, une somme destinée à couvrir une partie de ses frais de procédure et d'avocats. À cela s'ajoute une répartition paritaire des frais d'arbitrage entre les deux parties. Si le montant total de ces frais reste à être communiqué par le Greffe du TAS, cette charge financière s'ajoute aux 3 000 francs suisses déjà actés par la juridiction internationale.
Le rappel à l'ordre sur le droit de recours
La décision du TAS repose sur une analyse stricte du droit à l'accès à la justice. En déclarant le recours de Mady Touré irrecevable, la Commission de recours de la FSF a, selon le tribunal, commis un déni de justice. Le TAS souligne qu'une instance sportive ne peut se soustraire à l'examen du fond d'un dossier lorsqu'elle est saisie conformément aux règles en vigueur. Cette injonction oblige désormais la FSF à traiter le fond de la contestation électorale, remettant en cause la clôture prématurée du dossier.
L'irrecevabilité des demandes reconventionnelles
La sentence apporte également un éclairage sur les limites des procédures devant le TAS. La FSF et Abdoulaye Fall avaient tenté de formuler des demandes reconventionnelles, accusant Mady Touré d'atteinte à l'image et à l'intégrité de l'institution. Le tribunal a rejeté ces requêtes, rappelant que depuis 2010, les demandes reconventionnelles ne sont plus recevables dans le cadre des procédures d'appel devant cette juridiction. Ce point de droit confirme la volonté du TAS de recentrer les débats sur les litiges initiaux, sans permettre l'extension des contentieux à des questions d'image ou de diffamation dans ce cadre spécifique.