Le Tribunal arbitral du sport (TAS) détient désormais le sort du titre de champion d'Afrique 2025, suite à l'audience tenue le 8 octobre dernier. Alors que le Maroc est officiellement détenteur du trophée après la décision du jury d'appel de la CAF, la Fédération sénégalaise de football conteste ce verdict, plongeant le palmarès continental dans une incertitude juridique prolongée.
Le cœur du contentieux sportif
Le litige trouve son origine dans la finale de la CAN 2025. Sur le terrain, le Sénégal s'était imposé 1-0 le 18 janvier. Cependant, le jury d'appel de la CAF a par la suite déclaré les Lions forfaits pour abandon de terrain, en s'appuyant sur les articles 82 et 84 du règlement. Cette décision a attribué la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0). La Fédération sénégalaise a saisi le TAS le 25 mars pour contester cette sanction, demandant l'annulation de la décision de la CAF et la reconnaissance de sa victoire sportive.
Les délais et la procédure de délibération
Sous la présidence de l'arbitre français Gérald Simon, la formation de trois juges a entendu les parties à huis clos. Si aucune date n'a été officiellement fixée pour le verdict, le règlement du TAS autorise un délai maximal de quatre mois, soit jusqu'en février 2027. Toutefois, selon l'avocat spécialisé Me Renaud Duchêne, la nécessité d'une relecture interne des motifs juridiques pourrait prolonger l'attente de plusieurs semaines. Le TAS a d'ores et déjà mis en garde contre les fausses informations circulant sur les réseaux sociaux, rappelant que seule la publication officielle sur son site fera foi.
Trois issues juridiques possibles
La formation arbitrale dispose d'un large pouvoir d'appréciation. Un premier scénario verrait le TAS confirmer la décision de la CAF, entérinant définitivement le titre marocain. Un second scénario permettrait au tribunal de se substituer à l'instance africaine : il pourrait soit valider le résultat du terrain (1-0 pour le Sénégal), soit opter pour une solution intermédiaire. Enfin, une troisième voie consisterait à annuler la décision pour vice de procédure et à renvoyer le dossier devant la CAF, une option qui prolongerait l'incertitude. Dans tous les cas, le perdant pourrait tenter un recours limité devant le Tribunal fédéral suisse, bien que les chances de succès y soient restreintes aux seuls vices de forme ou de compétence.