Le 14 mars 2025, le tribunal administratif de Paris a entendu la requête de Boualem Naman, connu sous le pseudonyme Doualemn, qui conteste un arrêté d'expulsion prononcé contre lui. L'influenceur, accusé d'avoir incité à la violence contre un opposant politique algérien lors d'un live TikTok, demande l'annulation de la décision et la restitution de son titre de séjour.
Audience devant le tribunal administratif de Paris
À 14h15, le juge administratif a examiné les conclusions du rapporteur public, rendues accessibles à BFMTV, et a entendu les arguments de M. Naman. L'arrêté d'expulsion, signé le 14 mars 2025, visait à expulser le ressortissant algérien du territoire français, invoquant des motifs de sécurité publique liés à ses prises de parole en ligne.
Accusations d'incitation à la violence sur TikTok
En janvier 2025, Doualemn a diffusé un live sur la plateforme TikTok dans lequel il appelait les Algériens à recourir à la violence contre un opposant politique du régime algérien. Cette incitation a été qualifiée par les autorités françaises de menace à l'ordre public, justifiant, selon elles, le recours à une mesure d'expulsion. Le contenu du live constitue le principal élément de preuve mobilisé par le ministère de l'Intérieur.
Arguments juridiques du recours
Le défenseur de M. Naman soutient que l'arrêté d'expulsion est entaché d'« incompétence » du ministre de l'époque, Bruno Retailleau, qui aurait outrepassé ses prérogatives en matière d'étrangers. Le requérant demande donc l'annulation pure et simple de l'arrêté et la réintégration de son titre de séjour, arguant que la procédure n’a pas respecté les exigences légales de compétence et de proportionnalité.
Implications pour la politique migratoire française
Cette affaire met en lumière les tensions entre liberté d’expression en ligne et mesures de sécurité publique, ainsi que les limites du pouvoir discrétionnaire du ministre de l'Intérieur en matière d’expulsion. Une décision favorable à Doualemn pourrait renforcer le contrôle juridictionnel sur les expulsions motivées par des discours en ligne, tandis qu’une confirmation de l'arrêté renforcerait la capacité de l’État à agir rapidement contre les contenus jugés dangereux pour l’ordre public.