Le département du Trésor des États-Unis a officiellement désigné le groupe Palestine Action comme une organisation terroriste, marquant une nouvelle étape dans la répression financière des mouvements radicaux. Cette décision s'inscrit dans une politique plus large de l'administration Trump visant à neutraliser les réseaux qualifiés d'extrémistes par le biais de sanctions économiques ciblées.
Une désignation sous haute tension
Le Trésor américain justifie cette mesure par une série d'actions menées par le groupe depuis juillet 2020. Les autorités fédérales accusent l'organisation d'avoir orchestré des actes d'intimidation contre des entreprises commerciales et d'avoir causé des blessures physiques à des membres des forces de l'ordre britanniques. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que les États-Unis déploieraient tous les outils économiques nécessaires pour couper les sources de financement de ces groupes, qualifiant leurs méthodes de « terrorisme politique ».
Le cadre légal britannique en toile de fond
Cette décision américaine intervient dans un contexte où Palestine Action est déjà sous le coup d'une interdiction légale au Royaume-Uni depuis 2025. Le groupe, qui mène des actions directes contre des entreprises de défense liées à Israël, conteste cette qualification. Si la Cour d'appel britannique a jugé en juin dernier que l'interdiction gouvernementale constituait une ingérence « justifiée et proportionnée » dans la liberté d'expression, le groupe a obtenu l'autorisation de porter l'affaire devant la Cour suprême.
Réactions et enjeux de sécurité
La cofondatrice du groupe, Huda Ammori, a vivement critiqué cette désignation, dénonçant une hypocrisie politique et affirmant que les actions du mouvement visaient à « sauver des vies ». Parallèlement, le volet judiciaire se poursuit au Royaume-Uni, où quatre membres ont été condamnés en juin pour une intrusion dans une entreprise de défense ayant causé plus d'un million de livres sterling de dégâts. L'un des prévenus a notamment été reconnu coupable de coups et blessures volontaires sur un policier, un événement qui a pesé dans la perception sécuritaire du groupe par les autorités internationales.