Le choix de la Fédération ghanéenne de football (GFA) de faire voyager l'équipe nationale des moins de 17 ans, les Black Starlets, par la route entre le Ghana et le Burkina Faso, provoque une onde de choc. Cette décision, jugée risquée au regard du contexte sécuritaire régional, met en lumière des critiques persistantes sur la gestion des équipes de jeunes et la gouvernance actuelle de l'instance dirigeante du football ghanéen.
Un trajet terrestre sous haute tension sécuritaire
Les Black Starlets sont en route pour Ouagadougou afin de participer au tournoi WAFU Zone B, qualificatif pour le prochain Championnat d'Afrique des moins de 17 ans. Alors que la distance entre Accra et la capitale burkinabè est d'environ 960 kilomètres, la GFA a opté pour un déplacement en bus plutôt que par voie aérienne. Ce choix est vivement dénoncé en raison de la menace terroriste persistante dans la zone sahélienne, où des groupes armés opèrent régulièrement. Les observateurs rappellent avec inquiétude l'attaque tragique ayant visé des commerçants ghanéens à la frontière burkinabè, soulignant que la sécurité des jeunes joueurs ne devrait faire l'objet d'aucune économie logistique.
Le spectre des précédents tragiques
La mémoire collective du football africain reste marquée par l'attaque du bus de l'équipe nationale du Togo en 2010, lors d'un déplacement par la route en Angola. En exposant les Black Starlets à un long trajet terrestre à travers des zones sensibles, les critiques estiment que la GFA fait preuve d'une négligence coupable. L'ancien président du conseil d'administration de la National Sports Authority (NSA) a publiquement interpellé la direction de la GFA, affirmant que la responsabilité de l'institution serait pleinement engagée en cas d'incident sur le parcours.
Une crise de gouvernance au sein de la GFA
Au-delà de cet incident logistique, c'est la gestion globale des équipes de jeunes sous l'ère Kurt Okraku qui est remise en question. Les détracteurs pointent du doigt une dégradation des conditions d'encadrement, incluant l'hébergement, l'alimentation et la logistique. Cette situation aurait, selon eux, freiné la progression des talents vers l'équipe nationale senior. Des allégations de favoritisme dans la sélection des joueurs, au profit de certains clubs, sont également avancées pour illustrer ce qu'ils qualifient de déclin structurel du football ghanéen depuis 2019. Pour les voix critiques, une refonte profonde de la gouvernance est devenue indispensable pour préserver l'avenir des jeunes espoirs du pays.