Le transfert massif de près d'un million de tonnes de déchets en provenance d'Agbogbloshie et de Jamestown vers la décharge d'Adipa, dans la circonscription de Nsawam Adoagyiri, provoque une levée de boucliers. Le député Frank Annoh-Dompreh, soutenu par les résidents, exige l'arrêt immédiat de cette opération gouvernementale, pointant du doigt l'absence totale de concertation avec les autorités locales et les populations concernées.
Un processus décisionnel contesté
Le député Frank Annoh-Dompreh dénonce une méthode unilatérale, soulignant que l'assemblée locale, autorité de tutelle du territoire, n'a pas été associée à la planification de ce transfert. Selon lui, déplacer des volumes aussi importants de déchets d'une région à une autre sans dialogue préalable est une pratique inédite et contraire aux principes de gouvernance locale. Il s'interroge également sur les critères ayant conduit au choix du site d'Adipa, alors que d'autres infrastructures de traitement existent au sein même de la région du Grand Accra.
Risques sanitaires et dégradation du cadre de vie
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Emmanuel Asamoah, élu de la zone électorale d'Asiyaw Adipa, alerte sur la multiplication des nuisances olfactives, la prolifération de nuisibles et la dégradation rapide de la qualité de l'air. Plus grave encore, les résidents craignent une contamination des nappes phréatiques et des systèmes de drainage par les eaux de ruissellement issues de la décharge, particulièrement lors des épisodes pluvieux. Ces conditions insalubres auraient déjà provoqué une recrudescence signalée de cas de paludisme, de choléra et d'affections respiratoires, poussant certains habitants à envisager de quitter la localité.
Exigence de transparence et d'évaluation
Face à cette situation, les représentants locaux réclament une suspension immédiate des opérations de déversement. Ils appellent le ministère des Collectivités locales à engager un dialogue direct avec les citoyens et à diligenter une étude d'impact environnemental et sanitaire rigoureuse. Pour les résidents, il s'agit d'une question de dignité et de droit à un environnement sain, refusant que leur communauté ne devienne le dépotoir de la capitale. Le député a tenu à préciser que cette démarche ne constitue pas une opposition politique frontale au gouvernement, mais une défense légitime des intérêts et de la santé des populations qu'il représente.