Le gestionnaire des aéroports parisiens, Groupe ADP, annonce que le trafic passager va diminuer en 2026, marquant la première baisse depuis la crise sanitaire de 2020. Cette évolution résulte principalement de la hausse brutale du prix du kérosène, liée au conflit au Moyen‑Orient, qui contraint les compagnies à augmenter les tarifs des billets.
Une baisse historique du trafic depuis la pandémie
Après trois années de progression, dont une hausse de 3,4 % en 2025 qui a porté le nombre de voyageurs à 106,96 millions, le groupe ADP prévoit une contraction de 0,4 % sur les neuf premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025. Cette baisse touche à la fois l’aéroport Charles‑de‑Gaulle (Roissy) et Orly, qui enregistrent respectivement une hausse de 1,5 % en septembre (6,224 millions de passagers) et une chute de 7,9 % (2,858 millions de passagers). Ainsi, 2026 serait la première année depuis 2020 où le trafic global des aéroports parisiens recule.
Le prix du kérosène, nouveau frein à la croissance aérienne
La flambée du coût du carburant, conséquence directe de la guerre au Moyen‑Orient, a un impact double. D’une part, elle alourdit les charges des compagnies aériennes, qui répercutent la hausse sur les prix des billets, rendant la demande moins favorable. D’autre part, elle incite les transporteurs à ajuster leurs capacités, réduisant le nombre de vols proposés. ADP souligne que ces facteurs, combinés à un environnement de demande plus fragile, pèsent sur le trafic du mois de septembre et sur les perspectives annuelles.
ADP maintient ses objectifs financiers malgré la contraction
Malgré la révision à la baisse du trafic, le groupe ne modifie pas ses prévisions de résultats pour l’exercice 2026. L’EBITDA prévu reste compris entre 2,300 et 2,350 milliards d’euros, avec une orientation vers le bas de la fourchette, soit légèrement inférieure aux 2,322 milliards d’euros attendus pour 2025. Cette stabilité reflète la capacité d’ADP à absorber les chocs de court terme grâce à une gestion rigoureuse des coûts et à la diversification de ses activités non aériennes.