La modification du tracé de l'autoroute Lagos-Calabar, projet d'infrastructure majeur au Nigeria, suscite une vive controverse politique. Niyi Akingunola, candidat de l'African Democratic Congress (ADC), a officiellement interpellé le ministre des Travaux publics, David Umahi, sur les raisons de l'évitement de l'État d'Ondo par ce nouvel axe routier.
Exigences de conformité réglementaire
Au cœur de la contestation figure le respect des procédures de passation des marchés publics. Niyi Akingunola soutient que tout changement substantiel dans l'alignement de l'autoroute, initialement validé par le Bureau des marchés publics (BPP) et l'Assemblée nationale, nécessite une nouvelle procédure de conformité. Selon lui, le projet original reposait sur des études techniques rigoureuses, incluant des évaluations d'impact environnemental et des estimations de coûts précises. Toute modification unilatérale sans mise à jour de ces documents techniques et législatifs constituerait, selon le candidat, une entorse aux règles budgétaires en vigueur.
Divergences sur les contraintes techniques
Le ministre David Umahi a justifié le changement de tracé par des contraintes géographiques majeures, évoquant la présence de zones accidentées comportant des cavités dépassant 100 mètres de profondeur, ce qui alourdirait considérablement les coûts de construction. Une explication réfutée par Niyi Akingunola, qui estime que de tels défis techniques auraient dû être identifiés lors des études de faisabilité initiales. Pour l'opposant, les impératifs budgétaires ne doivent pas occulter les bénéfices socio-économiques attendus par les populations locales.
Enjeux économiques pour l'État d'Ondo
Le maintien du tracé initial est présenté comme un levier stratégique pour le développement de l'État d'Ondo. L'intégration de cette région à l'autoroute Lagos-Calabar est perçue comme un catalyseur pour l'économie bleue, le tourisme, l'agriculture et l'accès aux marchés portuaires. En s'éloignant de la côte d'Ondo, le projet risque, selon ses détracteurs, de priver la région d'opportunités industrielles et logistiques majeures. Face à ces inquiétudes, le candidat appelle les législateurs fédéraux et les résidents à exiger une transparence totale sur les critères ayant conduit à cette réorientation, afin de garantir que l'intérêt public demeure la priorité de cet investissement national.